Zhen Li: La pensée de Mao Zedong sur la paix mondiale et son influence historique

Source:Marxism and Reality, No 3, 2020 | Auteur:Zhen Li | Publié le:2020-12-08

 

Après presqu’un siècle d’exploration et de pratique, le Parti communiste chinois a progressivement élaboré une théorie complète sur la paix mondiale grâce à la combinaison des principes fondamentaux du marxisme avec la réalité chinoise. À la tête de la première génération de direction centrale collective du Parti communiste chinois, Mao Zedong a été le principal fondateur de la théorie du Parti communiste chinois sur la paix mondiale. Il a analysé de manière scientifique la situation internationale, proposé une nouvelle façon de comprendre un bon nombre de questions fondamentales liées à la paix dans le monde et fait des observations pratiques inestimables. Tout cela a permis de promouvoir activement la cause de la paix, ainsi que d’approfondir la réflexion théorique et d’enrichir la pratique marxistes sur « le socialisme et la paix ».

 

I. Une paix mondiale perpétuelle : éliminer la guerre par la guerre

D’une manière générale, la « paix mondiale » fait référence à un état de non-guerre dans la société. Historiquement, la paix n’a été qu’un état temporaire entre deux guerres et les guerres ont entraîné de graves catastrophes pour l’humanité. C’est pourquoi la paix est devenue une source de préoccupation constante et une quête incessante. À partir de l’époque moderne, les élans expansionnistes du capital et le développement rapide des sciences et technologies ont fait de la guerre mondiale la principale forme de guerre : « Il ne pourra y avoir d’autres guerres que la guerre mondiale »[1]. C’est ainsi qu’est née, chez les auteurs classiques, une pensée sur la paix mondiale. À la fin des années 1880, Engels a fait des prévisions remarquables concernant la façon dont les futures guerres mondiales éclateraient, ainsi que sur la destruction de l’ordre ancien et la progression des révolutions sociales. Suivant les traces de ses prédécesseurs, Mao Zedong a approfondi la réflexion sur la question de la paix mondiale en l’abordant sous deux angles différents : la « paix perpétuelle » et la « paix durable ».

L’opposition à la guerre et la recherche de la paix sont au cœur de la théorie de Mao Zedong sur la paix mondiale. Il a proposé que les communistes étudient les lois de la guerre révolutionnaire afin d’éliminer la guerre et d’instaurer une paix perpétuelle : nous « aspirons non seulement à la paix dans un pays, mais aussi à la paix dans le monde ; non seulement à une paix temporaire, mais aussi à une paix perpétuelle »[2]. En 1936, lors de sa première analyse systématique des lois de la guerre révolutionnaire en Chine, il a qualifié la guerre de « monstre qui provoque des tueries entre les êtres humains »[3]. La Chine semi-coloniale et semi-féodale de l’époque a été, pendant la Seconde Guerre mondiale, l’un des pays qui a le plus souffert des guerres d’agression impérialistes. Par conséquent, le peuple chinois a dû prendre les armes, se battre pour son indépendance et sa libération, « lutter pour la paix perpétuelle »[4], et remporter la victoire finale de la guerre antifasciste. Peu de temps après la fondation de la Chine nouvelle, il a fait de la « priorité à la paix »[5] un principe de notre politique étrangère, montrant ainsi au monde que la Chine désirait la paix. Il a aussi affirmé que « l’émancipation, l’indépendance, la démocratie, la paix, l’amitié et le progrès humain »[6] étaient des thèmes mondiaux majeurs. Cette vision de la paix tire son origine de la théorie marxiste sur les partis politiques prolétariens et sur la nature des pays socialistes ; elle reflète également profondément la pensée traditionnelle chinoise sur la paix et constitue une revendication réelle de la nation chinoise.

Marx a dit que la société socialiste à venir serait différente de toute société passée, et que son principe international « serait la paix », « car toutes les nations n’auront qu’un seul dirigeant ; le travail ! »[7] Contrairement à Marx qui argumentait à partir de la perspective des lois objectives du développement historique, la pensée traditionnelle chinoise sur la paix étendait le concept moral d’« harmonie comme valeur suprême » aux relations extérieures, en prônant des « relations de bon voisinage » et « la recherche d’une paix commune », entre autres. Avec le développement et l’évolution de la culture confucéenne, ces notions ont été intégrées au monde spirituel de la nation chinoise et sont devenues des valeurs auxquelles les Chinois adhèrent depuis des milliers d’années. Dès les temps modernes, la Chine a été humiliée et agressée par les puissances occidentales ; le peuple a pâti de la guerre et du chaos et aspirait ardemment à la paix. Tous ces motifs ont poussé Mao Zedong à accorder une grande importance à la question de la paix. Très tôt, il a déclaré que le socialisme « est la fraternité entre les compatriotes des quatre mers, c’est-à-dire vouloir ce qui est bon pour soi comme pour les autres »[8]. Cette explication toute simple reflète les efforts de Mao Zedong pour faire converger la vision marxiste et la vision traditionnelle chinoise de la paix. Après avoir adopté le marxisme, il a élevé cette compréhension à un niveau rationnel.

La « paix mondiale perpétuelle » signifie l’élimination totale de la guerre. L’interprétation de ce concept par Mao Zedong est tirée de la théorie sur la guerre des auteurs marxistes classiques qui considéraient la transformation des systèmes sociaux comme une condition préalable et une base pour réaliser la paix perpétuelle. Mao Zedong considérait que la propriété privée ainsi que l’opposition fondamentale entre les intérêts de classes et les intérêts de l’État basés sur la propriété privée étaient à l’origine de la guerre. C’est pourquoi il pensait qu’il n’y avait qu’en supprimant complètement la propriété privée, les classes et l’État, c’est-à-dire en réalisant la société communiste, que l’on pourrait éliminer entièrement la guerre et que l’ère de la paix perpétuelle pourrait devenir une réalité.

En ce qui concerne la voie concrète permettant de parvenir à la paix perpétuelle, Mao Zedong avait également affirmé que bien que la guerre soit quelque chose d’horrible, s’opposer à une guerre injuste par une guerre juste était le seul moyen d’obtenir la paix. La logique interne de ce jugement était que les guerres mondiales impérialistes d’ampleur toujours plus grande avaient favorisé la prise de conscience et l’unité des forces en faveur de la justice, et que la révolution violente de ceux contraints de prendre les armes pour résister aux envahisseurs avait accéléré le déclin et l’effondrement du capitalisme. Il croyait que la victoire de la guerre juste sur la guerre injuste rapprochait continuellement le monde de la paix perpétuelle et estimait que la guerre engendrait la révolution, et que la révolution mettait fin à la guerre ; telle était, disait-il, la relation dialectique entre les deux. Dès lors, la paix perpétuelle ne pourrait être obtenue que lorsque la guerre aurait détruit la classe exploiteuse elle-même. Cette analyse est une extension et un développement de la vision marxiste de la guerre.

Il ressort de l’analyse ci-dessus que la paix perpétuelle est un état idéal à réaliser sur le long terme et de manière progressive. Cela soulève immanquablement une autre question encore plus urgente et pertinente : que peut faire le socialisme pour la paix dans le monde actuel ? Les réflexions de Mao Zedong sur la « paix durable » répondent à cette question. Il soutenait que l’existence de la propriété privée était une réalité objective et que l’humanité était toujours confrontée aux menaces que sont la guerre et l’instabilité, mais qu’après avoir traversé l’épreuve terrible de la Seconde Guerre mondiale, tous les pays souhaitaient préserver la paix, trouver des perspectives de développement et connaître une prospérité commune. Dans ce contexte, la recherche d’une paix durable était indispensable et possible. L’exploration et la pratique de Mao Zedong sur cette question ont eu un impact important sur la situation générale de la paix dans le monde depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

II. Une paix mondiale durable : une nouvelle guerre peut être évitée

Vouloir la paix ne suffit pas à ce que celle-ci s’instaure spontanément. Dans une société de classes, la paix dans le monde est un état idéal en relative évolution dynamique qui doit être maintenu et consolidé grâce à un travail considérable et ardu et à la coordination des facteurs économiques, politiques et militaires notamment. S’efforçant d’avoir une évaluation globale des tendances internationales, Mao Zedong a dit à plusieurs reprises que « dans l’ensemble, la situation a évolué dans le bon sens »[9] et que « l’éclatement d’une nouvelle guerre mondiale peut être évité »[10]. Il s’agit là d’une évaluation stratégique très claire et précise qui repose principalement sur ce qui suit :

Premièrement, le fait que le monde était entré dans une ère « nouvelle de recherche de paix et de règlement négocié des différends »[11]. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les mouvements de libération nationale se sont multipliés dans le monde, un bon nombre d’États-nations ont gagné leur indépendance et la sphère d’influence du capitalisme s’est réduite. Mao Zedong avait saisi cela avec acuité. Il estimait que l’équilibre des forces mondiales avait connu un changement historique et était à un tournant décisif, que les forces démocratiques pacifiques dépasseraient inévitablement les forces impérialistes, et que les luttes de la majorité des peuples assureraient la paix mondiale. « La situation des forces révolutionnaires de tous les pays est bien meilleure que la première fois. »[12] Si une nouvelle guerre mondiale venait à éclater, il serait possible qu’en Orient et Occident ces forces s’unissent, et que les pays occidentaux continuent de s’affaiblir sans être en mesure de poursuivre leur domination. Par conséquent, il considérait que dans la période à venir, la paix mondiale serait la tendance générale, et que les spécificités de cette ère seraient les conditions préalables fondamentales permettant aux êtres humains de choisir des moyens plus pacifiques et raisonnables de résoudre les problèmes internationaux pour parvenir à une paix durable dans le monde.

Deuxièmement, le fait qu’il ne pourrait pas y avoir d’affrontement entre les États-Unis et l’Union soviétique à cause de la vaste « zone intermédiaire » entre ces deux pays. Les relations entre les grandes puissances jouent souvent un rôle décisif en ce qui concerne l’éclatement d’une guerre mondiale et la façon de mener cette guerre. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis et l’Union soviétique sont passés d’une coopération de courte durée à la confrontation, semant l’inquiétude dans de nombreux esprits. Mao Zedong ne voyait pas les choses de cette façon : « La Troisième Guerre mondiale est-elle imminente ? C’est improbable »[13], jugeait-il. En effet, les États-Unis et l’Union soviétique, comme tous les autres pays du monde, avaient besoin de paix. Le plus important était que le centre de gravité de la principale contradiction dans le monde ne se trouvait pas entre les États-Unis et l’Union soviétique, mais plutôt entre les États-Unis et la majeure partie des pays de la « zone intermédiaire ». Autrement dit, si les nombreux pays capitalistes, colonisés et semi-colonisés d’Europe, d’Asie et d’Afrique, « s’affrontaient réellement, cela sonnerait d’abord et avant tout la fin de la zone intermédiaire »[14]. Dans les années 1960, en raison de la nouvelle situation hégémonique des États-Unis et de l’Union soviétique, il a avancé et affiné sa deuxième théorie sur la « zone intermédiaire ». Bien que ses deux théories sur la « zone intermédiaire » reposaient sur des bases différentes, de la perspective du maintien de la paix dans le monde, la logique restait la même : la vaste majorité des pays de la zone intermédiaire entre les États-Unis et l’Union soviétique constituaient une force importante pour prévenir le déclenchement d’une guerre.

Troisièmement, le fait que le déclenchement d’une guerre était malaisé étant donné le manque d’unité dans le monde occidental et les contradictions et difficultés de toutes sortes qui y subsistaient. Après une longue période d’observation, Mao Zedong était arrivé à la conclusion que le monde occidental était puissant de manière générale, mais absolument pas monolithique. Dans un contexte d’hégémonie mutuelle, il existait de graves contradictions et conflits entre les pays occidentaux « très désunis et fragmentés »[15], et ces contradictions étaient encore plus graves que celles existant entre les pays du camp socialiste. Les États-Unis, recherchant leur intérêt au détriment des autres, « ont mené une politique de “ la loi de la jungle ” contre leurs alliés en Europe de l’Ouest, Amérique du Nord et Océanie tout en cherchant à les piétiner »[16]. Cette situation objective a rendu difficile l’émergence d’un nouveau modèle hégémonique dans le monde occidental et réduit la probabilité qu’une guerre mondiale se déclenche. De même, cela a offert des opportunités précieuses aux forces pacifiques.

Par la suite, alors que les relations entre la Chine et l’Union soviétique se détérioraient, Mao Zedong avait estimé que la probabilité de l’éclatement d’une guerre était plus élevée, mais que si cette guerre devait avoir lieu, elle n’atteindrait pas une échelle mondiale. Lorsqu’il a déclaré, vers la fin de sa vie, qu’il « ne croyait absolument pas à la paix durable »[17], il voulait dire, premièrement, qu’il était opposé à ce que les grandes puissances utilisent comme prétexte la « paix durable » pour occuper d’autres pays ou y intervenir ; deuxièmement, que les différends entre la Chine et l’Union soviétique pouvaient dégénérer en guerre ; et troisièmement, que les pays impérialistes se faisaient la guerre pour imposer leur hégémonie mondiale. Dans un sens comme dans l’autre, il faisait référence à l’inévitabilité des guerres locales et des guerres limitées, et non pas à l’inévitabilité d’une guerre mondiale dans les circonstances de l’époque.

Plus de soixante-dix ans se sont écoulés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La situation mondiale a grandement évolué au cours de ces années, mais toujours, malgré les zigzags, dans le sens d’un développement pacifique. Les causes fondamentales de cette situation sont indissociables des raisons avancées par Mao Zedong.

III. Un ordre international : faire des Cinq Principes de Coexistence pacifique une norme

Un ordre international juste et raisonnable est une condition préalable primordiale pour la concrétisation de la tendance objective à la paix mondiale. Historiquement, le déclenchement des deux guerres mondiales a été le résultat de la lutte pour l’hégémonie entre les puissances occidentales qui vénéraient le pouvoir, adhéraient à la loi de la jungle, et déterminaient leur politique étrangère et son ordre en fonction du rapport de force. Pour établir et consolider une paix durable, il est nécessaire de proposer des règles régissant les relations internationales qui restreignent l’hégémonisme et la politique de puissance, et qui incarnent les intérêts et les aspirations des peuples de tous les pays. Il faut également favoriser l’instauration d’un nouvel ordre international juste et raisonnable. Les Cinq Principes de Coexistence pacifique, proposés en premier par la Chine, sont devenus une norme dans les relations internationales revêtant une importance historique mondiale. Mao Zedong a développé de manière créatrice la pensée de Lénine sur la coexistence pacifique avec le capitalisme et fait une contribution historique à l’élaboration et la promotion de ces principes.

L’égalité totale entre les nations était l’idée essentielle de la pensée de Mao Zedong sur les relations internationales et également le principe fondamental qu’il préconisait concernant la paix mondiale. En avril 1945, lors du VIIe Congrès national du Parti communiste chinois, il a souligné que le respect mutuel de l’indépendance et un traitement sur un pied d’égalité devaient être au cœur des relations interétatiques. Sur cette base, il a déclaré que le Parti communiste chinois pourrait « établir et consolider des relations diplomatiques avec tous les pays et résoudre l’intégralité des problèmes sur le plan des relations mutuelles »[18]. En janvier 1949, à l’occasion de l’examen du projet de directives du Comité central du Parti communiste chinois sur les questions de politique étrangère, il a aussi exigé qu’« aucun pays étranger ni les Nations Unies ne soient autorisés à s’ingérer dans les affaires intérieures de la Chine »[19]. À la fin du mois d’avril de la même année, dans une déclaration à propos de « l’incident du Yangtsé » destinée au porte-parole de l’Armée populaire de Libération, il a affirmé que le principe de nos relations diplomatiques avec tous les pays était que « ces relations doivent être fondées sur l’égalité, le bénéfice mutuel, le respect réciproque, la souveraineté et l’intégrité territoriale »[20]. Ces principes ont été inscrits dans le Programme commun adopté par la Conférence consultative politique du peuple chinois en septembre 1949 et sont devenus les principes directeurs de la Chine nouvelle pour la gestion de ses relations extérieures. Ces considérations ont jeté les bases de l’élaboration des Cinq Principes de Coexistence pacifique.

Les Cinq Principes de Coexistence pacifique ont progressivement vu le jour dans les années 1950. À la fin de l’année 1953, lors des négociations avec le représentant de l’Inde à propos du Tibet, Zhou Enlai a indiqué explicitement que les Cinq Principes de Coexistence pacifique que sont « le respect mutuel de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, la non-agression mutuelle, la non-ingérence dans les affaires intérieures, l’égalité et les avantages réciproques, et la coexistence pacifique » ont été établis « après la fondation de la Chine nouvelle »[21]. Guidés par ces principes, la Chine, l’Inde et Myanmar sont rapidement parvenus à un accord sur des différends légués par l’histoire. Ils ont ensuite proposé conjointement les Cinq Principes de Coexistence pacifique comme principes fondamentaux régissant les relations internationales.

La proclamation des Cinq Principes de Coexistence pacifique a marqué un tournant décisif dans l’histoire des relations internationales. Ces principes illustraient la sagesse chinoise ancienne consistant à « chercher un terrain d’entente par-delà les différences » et à « chercher l’unité sans imposer l’uniformité », et représentaient les intérêts des pays en position de faiblesse dans les relations internationales traditionnelles. De même, ils indiquaient la tendance sous-jacente en matière de paix démocratique dans le monde après la Seconde Guerre mondiale, et traduisaient les aspirations fondamentales de tous les pays épris de paix et désireux de coexister en harmonie. Cela a constitué une nouvelle norme de portée universelle dans le domaine des relations internationales. Une fois avancés, les Cinq Principes de Coexistence pacifique ont été très vite reconnus au niveau international, en particulier par les pays en développement ; ils ont ensuite progressivement eu un impact plus grand. Au cours de cette période, Mao Zedong a beaucoup travaillé sur le plan de la théorie de base et de la promotion de ces principes.

Premièrement, ils constituaient la base de la nouvelle politique étrangère de la Chine nouvelle et exprimaient sa revendication fondamentale, à savoir établir un ordre international « favorable à une paix mondiale durable ». Le 29 août 1956, lors de l’examen du projet de rapport politique au VIIIe Congrès national du Parti communiste chinois, Mao Zedong a spécifiquement ajouté le contenu suivant : « La politique étrangère de la Chine est basée sur les Cinq Principes de Coexistence pacifique. Notre gouvernement et notre peuple ont fait beaucoup en faveur de l’apaisement des tensions internationales et pour soutenir les mouvements de libération nationale contre le colonialisme. À l’avenir, il faudra œuvrer encore davantage à ce que toutes les forces mondiales favorables à la paix se développent mieux, dans l’intérêt d’une paix mondiale durable »[22].

Deuxièmement, il convenait de les promouvoir en tant que ligne directrice pour régir les relations interétatiques. Après l’annonce de la déclaration commune des Premiers ministres de la Chine, de l’Inde et du Myanmar, Mao Zedong a souligné à plusieurs reprises, lors de ses rencontres avec des invités venus de Grande-Bretagne, du Myanmar et d’Inde, entre autres, qu’il pouvait y avoir une coexistence pacifique entre les divers types de socialisme ; que des pays avec des systèmes sociaux différents pouvaient coexister de manière pacifique ; et que les Principes de Coexistence pacifique devaient non seulement s’appliquer aux pays asiatiques, mais devaient également être « étendus aux relations entre tous les États »[23]. En d’autres termes, « les Cinq Principes de Coexistence pacifique connus par tous, à savoir le respect mutuel de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, la non-agression mutuelle, la non-ingérence dans les affaires intérieures, l’égalité et les avantages réciproques, et la coexistence pacifique »[24] devaient être appliqués par tous les États, quel que soit leur système et situation spécifique.

Troisièmement, il s’agissait de promouvoir la mise en pratique réelle des Cinq Principes de Coexistence pacifique. En décembre 1954, lors d’une conversation avec le Premier ministre du Myanmar, U nu, Mao Zedong a dit que les Cinq Principes de Coexistence pacifique représentaient un progrès majeur s’agissant des relations entre États et que l’adhésion à ces principes était dans l’intérêt fondamental des pays sous-développés. C’est pourquoi, selon lui, les pays en développement devaient jouer un rôle de premier plan en prenant des mesures pour concrétiser les Cinq Principes de Coexistence pacifique, évitant ainsi que ceux-ci ne deviennent des principes abstraits et des promesses en l’air.

Dans le but de mieux assurer la mise en œuvre des Cinq Principes de Coexistence pacifique, Mao Zedong a aussi apporté des précisions sur des questions théoriques telles que « l’égalité » et « la non-ingérence dans les affaires intérieures ». Il a affirmé que le principe d’« égalité » visait principalement à répondre au déterminisme en matière de puissance d’après lequel « les grands pays sont supérieurs et les petits pays, inférieurs », et que les pays, peu importe leur taille, devaient être traités sur un pied d’égalité dans les relations internationales. Mao Zedong a également donné une définition claire de « l’ingérence dans les affaires intérieures ». Il a déclaré que le critère ne doit pas être déterminé en fonction des ambitions d’un gouvernement, mais plutôt en fonction de la nature du problème. L’établissement par un État de bases militaires dans un autre État, l’offre d’une assistance et de prêts à un pays assortis de conditions militaires et politiques, l’implantation d’institutions religieuses dans un autre pays afin d’y mener des activités d’espionnage, et l’intervention dans les affaires qui relèvent uniquement des affaires intérieures d’un État, telles que les luttes interethniques ou luttes entre partis, portent tous atteinte aux intérêts nationaux d’un pays et constituent une ingérence dans ses affaires intérieures. Ces points de vue ont mieux clarifié le contenu théorique et la base pratique des Cinq Principes de Coexistence pacifique, et ont fourni une garantie importante tout en jouant un rôle concret pour la promotion de la construction d’un nouvel ordre international.

Après des décennies d’efforts inlassables, les Cinq Principes de Coexistence pacifique sont, de nos jours, largement approuvés et respectés par la communauté internationale et représentent la norme de base qui guide les relations internationales. Ils jouent un rôle actif dans la promotion de l’établissement d’un nouvel ordre politique et économique international plus juste et raisonnable et offrent des solutions positives pour le règlement pacifique des différends internationaux et des problèmes interétatiques légués par l’histoire.

IV. La guerre et la paix : rester vigilants face aux menaces potentielles de guerre

Mao Zedong prônait la paix mondiale et aspirait à une paix durable, mais n’était absolument pas un pacifiste ne respectant ni principes ni conditions. Il a toujours attiré l’attention sur un autre aspect de la paix, à savoir le risque de guerre. Mao Zedong a déclaré que « nous ne sommes pas les chefs d’état-major de la bourgeoisie »[25], que l’initiative de lancer une guerre était entre les mains des puissances impérialistes et qu’on ne savait jamais quand elles allaient commencer une guerre. C’est pourquoi il fallait être mentalement prêt et opérationnel pour ne pas tomber dans l’inertie.

L’appréciation de Mao Zedong de l’inévitabilité de la guerre venait non seulement de sa théorie sur les origines de la guerre mentionnée plus haut, mais aussi de sa compréhension philosophique de la relation dialectique entre la guerre et la paix. Il estimait que les notions de guerre et de paix constituaient une unité des contraires : les deux étant à la fois opposés et identiques. D’après lui, la raison pour laquelle la guerre se transforme en paix et la paix en guerre est qu’ils sont tous deux, dans certaines conditions, identiques. Dans les sociétés de classe, la guerre est un phénomène qui se produit entre deux paix. En temps de paix, il y a une guerre en gestation et en temps de guerre, une paix en gestation. Ce raisonnement dialectique montre que la réflexion de Mao Zedong sur la paix mondiale a toujours été étroitement liée à la question de la guerre.

Mao Zedong a examiné de manière réaliste la question de la guerre, principalement sous deux aspects :

Le premier aspect était l’existence d’une « fausse paix ». La « fausse paix » s’entendait, pour lui, comme la revendication d’une paix fictive par les pays impérialistes pour atteindre leur objectif d’agression ou d’oppression d’autres pays. Cet « attachement à la paix » n’avait rien à avoir avec l’aspiration à la paix des peuples opprimés. Il s’agissait essentiellement d’obliger les opprimés à accepter et à se soumettre à l’autorité de leurs oppresseurs, c’est-à-dire à accepter et à se soumettre aux normes internationales et à l’ordre international de la jungle. D’une part, c’était une tentative de guerre sous la bannière de la paix, déclenchant inévitablement une guerre de résistance menée par les opprimés. D’autre part, c’était une évolution vers la paix. Mao Zedong considérait que l’évolution pacifique était une autre forme de guerre dont les principes de base alternaient entre la réconciliation et la tension ; ici la réconciliation, là-bas la tension, en Europe la réconciliation, en Asie la tension ; et tantôt l’opportunisme tantôt la marginalisation du marxisme-léninisme. Ne rien faire pourrait être lourd de conséquences.

Le deuxième aspect était qu’il y avait la possibilité qu’une guerre éclate. Selon Mao Zedong, compte tenu du contexte international de l’époque, les principaux dangers de guerre provenaient des va-t-en-guerre des États-Unis. S’appuyant sur leurs forces militaires partout dans le monde, en plus de mener une course pour s’accaparer des territoires, ils s’engageaient dans l’expansion et l’agression par le biais de l’exploitation économique et de l’oppression politique des petits pays, intensifiant ainsi continuellement les conflits internationaux. À l’époque de la lutte pour l’hégémonie entre les États-Unis et l’Union soviétique, Mao Zedong a affirmé que la menace d’une guerre provenait davantage du fait que les deux pays étaient en concurrence pour l’hégémonie, et que le social-impérialisme de l’Union soviétique devenait une menace pour la paix mondiale. Par conséquent, bien que l’affrontement n’était pas pour tout de suite, il fallait être prêt : « à ce que la guerre éclate un jour. Il est préférable de mettre d’abord l’accent sur la “ guerre ”, et seulement ensuite sur la paix, pour éviter de baisser la garde »[26]. À ses yeux, si nous ne faisions pas preuve de vigilance et ne nous préparions pas à une telle éventualité, nous en pâtirions dans le futur.

C’est sur la base des considérations susmentionnées que Mao Zedong préconisait de nous employer à instaurer la paix, sans pour autant nous opposer à toutes les guerres. Il convenait de faire une distinction en fonction de la nature des guerres, et de rejeter toutes les guerres injustes qui entravaient le progrès, tout en soutenant et participant activement aux guerres justes en faveur du progrès. Il considérait que si les envahisseurs nous imposaient une guerre, nous n’avions d’autres choix que de faire la guerre pour lutter contre celle-ci. « Nous sommes prêts à rechercher la paix par la guerre, mais ne ferons jamais de compromis sur les principes. »[27] Selon lui, si l’on ne faisait pas la guerre tout en se préparant à la guerre, soit « d’abord s’opposer, ensuite ne pas avoir peur », et si l’on prenait ces deux aspects en considération, l’on pouvait devenir invincible. Il croyait qu’il était extrêmement dangereux de tenir des discours creux sur « l’attachement à la paix » tout en évitant la guerre au moyen de compromissions et de concessions. D’après lui, nous devions étudier la guerre et nous y préparer, de façon à ce que l’ennemi n’ose pas parler de la guerre à la légère et qu’il abandonne sa tentative d’agression. « Les choses se passent toujours de la sorte dans le monde : si vous n’êtes pas prêts, l’ennemi viendra ; si vous êtes prêts, l’ennemi n’osera pas venir. »[28] Cette interprétation est à la fois l’incarnation vivante de la dialectique matérialiste, mais aussi l’expression la plus manifeste de la pensée traditionnelle chinoise profonde.

C’est également à partir de l’idée « d’arrêter la guerre par la guerre » que Mao Zedong a maintenu, dans des conditions extrêmement difficiles, la stratégie de développement des armes nucléaires par la Chine. Il a dit : « Lorsque nous saurons fabriquer la bombe atomique, la bombe à hydrogène et les missiles, une guerre mondiale ne sera plus possible »[29]. En matière d’armes stratégiques, l’équilibre des forces entre les grandes puissances était, selon lui, un moyen important de prévenir la guerre. Toutefois, cet équilibre des forces n’était en rien une course à l’armement. La stratégie militaire de la Chine a toujours été de nature défensive. Le jour où la bombe atomique a explosé avec succès, le gouvernement chinois a annoncé au monde entier que la Chine ne serait pas la première à utiliser l’arme nucléaire et qu’elle ne l’utiliserait en aucun cas contre les pays n’en possédant pas. La clairvoyance de Mao Zedong a permis à la Chine de prendre des initiatives stratégiques d’après-guerre et, dans une large mesure, de préserver la paix mondiale.

Plus de soixante-dix ans après la guerre, des changements majeurs ont eu lieu dans le monde et l’ordre économique et politique international a connu de nouveaux développements. Cependant, les guerres locales et les conflits régionaux n’ont jamais cessé. Il y a donc encore un long chemin à parcourir pour réaliser la paix mondiale. Les réflexions de Mao Zedong sont importantes en ce qu’elles revêtent une signification méthodologique et sont une source d’inspiration profonde sur le plan de la pratique. Aujourd’hui, elles nous permettent d’analyser, d’évaluer et de faire face à une situation internationale complexe et changeante, ainsi que de sauvegarder et consolider la paix mondiale.

V. Le rôle de la Chine : suivre la voie du développement pacifique et assumer la responsabilité de la paix mondiale

La recherche du bonheur du peuple et le renouveau de la nation chinoise sont l’aspiration originelle et la mission du Parti communiste chinois. Nous avons toujours étroitement lié la réalisation de cette aspiration originelle et de cette mission à la sauvegarde de la paix mondiale et à la promotion de la prospérité commune de l’humanité. Alors que la guerre de résistance contre le Japon était sur le point de se terminer, Mao Zedong a solennellement déclaré que le peuple chinois avait non seulement joué un rôle crucial dans la guerre de résistance contre l’envahisseur japonais, mais également un grand rôle dans le maintien de la paix mondiale après la guerre et un rôle décisif dans la préservation de la paix en Orient[30].

Premièrement, en tenant haut la bannière de la paix tout en conservant notre indépendance. La Chine nouvelle, totalement indépendante politiquement et autonome économiquement, était une force émergente incontournable en matière de maintien de la paix dans le monde. Sans la moindre ambiguïté ou hésitation, Mao Zedong a fixé comme priorité absolue la préservation de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale nationales, ainsi que l’opposition à l’hégémonisme et à toute ingérence étrangère. Il a affirmé que « nous sommes épris de paix. Si quelqu’un met en danger notre indépendance, notre réflexe inné est de nous lever et de la défendre bec et ongles »[31]. Sous sa direction, la Chine nouvelle s’est complètement libérée de l’emprise centenaire de l’impérialisme, sans succomber aux menaces militaires ni aux tentatives hégémoniques des superpuissances étatsunienne et soviétique, tout en préservant sa souveraineté nationale et son intégrité territoriale. Elle est ainsi devenue un obstacle majeur à la domination hégémonique du monde.

Deuxièmement, en étant un grand État responsable ne cherchant jamais à imposer une quelconque hégémonie. Le Parti communiste chinois s’est engagé à accélérer l’industrialisation et la modernisation du pays pour rendre la Chine prospère et puissante. Cependant, nous tirons notre prospérité des fruits de nos efforts et de notre développement pacifique, mais absolument pas d’une accumulation de richesses provenant de l’intimidation ou de l’invasion d’autres pays. Mao Zedong a utilisé les termes « grande » et « aimée » pour qualifier la Chine du futur, assurant qu’elle « deviendra une grande puissance aimée des autres »[32] et qu’elle fera une contribution plus grande à l’humanité. Il considérait que la puissance de la Chine ne constituait pas une menace pour les pays pacifiques et amis, et qu’elle ne ferait qu’augmenter les chances d’une paix mondiale perpétuelle au lieu de nuire à cette possibilité. « Les principes du socialisme et les principes du marxisme-léninisme interdisent toute agression »[33] et « Nous n’envahirons personne ni dans cent ans ni dans dix mille ans »[34]. En 1974, en tant que représentant du gouvernement chinois à la 6e session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies, Deng Xiaoping a annoncé au monde entier que la Chine ne cherchera jamais à être un roi, un hégémon ou une superpuissance. La promesse de la Chine de ne jamais être hégémonique a pleinement démontré sa forte détermination et la justesse de sa prise de position contre l’hégémonisme et contre la politique de puissance.

Troisièmement, en rassemblant toutes les forces susceptibles de s’associer afin d’établir un front uni pour la paix dans le monde. L’objectif principal de ce front était d’unir autant d’amis que possible, tout en tentant de diviser le camp impérialiste, soit « nous renforcer tout en luttant aux côtés des autres »[35]. Nous renforcer voulait dire renforcer la solidarité avec les pays socialistes et les pays en développement, soutenir les mouvements pour la paix et les luttes justes dans tous les pays, et faire de notre mieux pour consolider et élargir le camp de la démocratie pacifique. Lutter aux côtés des autres voulait dire nous unir aux peuples des pays impérialistes, nous battre pour une coexistence pacifique avec ces pays et avec toutes les forces désireuses de vivre en paix avec nous, et empêcher les guerres éventuelles. Par la suite, avec l’introduction de la théorie « des trois mondes », le front uni international a énormément évolué sur le plan de son sens et de sa portée. Cependant, son objectif fondamental est resté inchangé, à savoir unir toutes les forces susceptibles de l’être afin de sauvegarder la paix mondiale et les intérêts fondamentaux des peuples opprimés.

Quatrièmement, en respectant la souveraineté des autres États, n’exportant pas la révolution et ne nous ingérant pas dans les affaires intérieures des autres pays. La Chine est un grand pays socialiste, et dans le but d’éviter de céder aux penchants des grandes puissances, Mao Zedong a mis l’accent à maintes reprises sur la nécessité de respecter le droit des peuples à l’indépendance et « de supprimer résolument, entièrement, purement et simplement toute politique de grande puissance »[36]. Il disait que, sur le plan politique, il « faut absolument respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale des autres États, ne pas s’immiscer dans leurs affaires intérieures et les traiter sur un pied d’égalité » ; « vis-à-vis des partis frères, il est nécessaire de maintenir les principes du prolétariat, d’adhérer au principe de consensus, ainsi que de ne jamais obliger les autres à adopter nos points de vue »[37], et qu’il fallait éviter d’exporter la révolution ailleurs. Sur le plan économique, nous devions aider nos amis de manière sincère, sans leur imposer de conditions quelconques. C’est pourquoi le gouvernement chinois de l’époque a formulé huit principes pour l’offre d’assistance économique et technique aux pays étrangers basés essentiellement sur « le strict respect de la souveraineté des pays bénéficiaires, sans imposer aucune condition ou revendiquer aucun privilège »[38]. Ces principes et revendications sont devenus la ligne de conduite fondamentale de la politique étrangère de la Chine nouvelle et constituaient aussi une initiative majeure de la Chine pour promouvoir la paix dans le monde.

Cinquièmement, en œuvrant pour une coexistence pacifique avec les pays occidentaux et renforçant la coopération et les échanges avec ces derniers. Mao Zedong croyait que la Chine et les pays occidentaux « veulent la paix et non la guerre », et « qu’il est nécessaire pour chacun d’entre eux de s’engager dans sa propre construction, et donc aussi de faire des affaires »[39] ; il y avait dès lors un besoin de coopération. Ce besoin pouvait, à son avis, permettre de surmonter les divers obstacles existants entre les différents pays et de soutenir de manière importante la promotion de la paix dans le monde. En février 1961, alors que Mitterrand était en visite, Mao Zedong a affirmé que tant qu’aucun pays n’interférait dans les affaires intérieures d’un autre, il serait possible de faire tomber « le mur idéologique et le mur du système social »[40]. En 1975, il a ouvert un nouveau chapitre de l’histoire des relations entre la Chine et les États-Unis en disant « espérer qu’à l’avenir les deux pays seront amis »[41]. Cela montre que le principe de base consistant à s’opposer à l’hégémonisme et à renforcer les échanges et la coopération avec les pays occidentaux représentait, pour Mao Zedong, une unité dialectique. C’est justement dans le cadre d’une stratégie de politique étrangère pragmatique, souple, et fondée sur l’adhésion aux principes que la Chine a créé un environnement international qui lui était favorable, tout en contribuant de manière considérable à faire progresser continuellement la paix et la stabilité dans le monde.

En résumé, Mao Zedong a maintenu une vision théorique marxiste de la paix, en insistant pour que la question de la paix soit analysée sous l’angle des intérêts fondamentaux du prolétariat, osant mener un combat et sachant le mener avec brio, et cherchant l’unité et la paix à travers la lutte. Parallèlement, il a pleinement mis en valeur la pensée traditionnelle chinoise de « l’harmonie dans la diversité », en transcendant les limites idéologiques, renforçant autant que possible le camp de la paix démocratique, saisissant l’occasion de promouvoir la paix mondiale, démontrant son grand art du leadership grâce à sa maîtrise scientifique de la situation globale et à sa gestion dialectique des contradictions. Ces deux caractéristiques remarquables et complémentaires de Mao Zedong, ainsi que sa conception de base et son approche fondamentale en matière de paix mondiale ont eu un impact crucial sur la politique extérieure de la Chine nouvelle, de même qu’elles ont influencé profondément et favorisé continuellement les progrès de la cause de la paix dans le monde. En un sens, l’idée de « communauté de destin pour l’humanité » est le résultat inéluctable et le prolongement naturel de cette influence. À l’heure actuelle, le monde est confronté à des changements d’une ampleur jamais observée depuis cent ans ; les contradictions sont nombreuses et complexes et des conflits surgissent les uns après les autres. Dans ce contexte, pour sauvegarder la paix mondiale nous avons d’autant plus besoin de nous imprégner de la richesse et de la sagesse historique de la pensée et de la pratique de Mao Zedong.

 

 

Bibliographie principale 

1.      Lénine, Œuvres choisies de Lénine [en chinois], tome II, Éditions du Peuple, 2012 ;

2.      Mao Zedong, Manuscrits de jeunesse de Mao Zedong [en chinois], Éditions du Hunan, 2008 ;

3.      Mao Zedong, Notes philosophiques de Mao Zedong [en chinois], Central Party Literature Press, 1988 ;

4.      Xi Jinping, Construisons une communauté de destin pour l’humanité [en chinois], Central Party Literature Press, 2018 ;

5.      Hu Qiaomu, Hu Qiaomu : en souvenir de Mao Zedong [en chinois], Éditions du Peuple, 2014 ;

6.      Li Shenming, La guerre, la paix et le socialisme [en chinois], Éditions des Sciences sociales, 2000.

Traduit par Peggy Cantave Fuyet



[1] Œuvres de Marx et Engels [en chinois], tome IV, Éditions du Peuple, 2009, p.331.

[2] Œuvres choisies de Mao Zedong [en chinois], tome II, Éditions du Peuple, 1991, p.476.

[3] Œuvres choisies de Mao Zedong [en chinois], tome I, Éditions du Peuple, 1991, p.174.

[4] Œuvres choisies de Mao Zedong [en chinois], tome II, Éditions du Peuple, 1991, p.474.

[5] Textes de Mao Zedong sur la politique étrangère [en chinois], Central Party Literature Press et Éditions Connaissances du monde, 1994, p.212.

[6] Œuvres de Mao Zedong [en chinois], tome VI, Éditions du Peuple, 1999, p.484.

[7] Œuvres choisies de Marx et Engels [en chinois], tome III, Éditions du Peuple, 2012, p.61.

[8] Correspondance choisie de Mao Zedong [en chinois], Central Party Literature Press, 2003, p.2.

[9] Textes de Mao Zedong sur la politique étrangère [en chinois], Central Party Literature Press et Éditions Connaissances du monde, 1994, p.385.

[10] Œuvres de Mao Zedong [en chinois], tome VI, Éditions du Peuple, 1999, p.68.

[11] Biographie chronologique de Mao Zedong (1949-1976) [en chinois], tome VI, Central Party Literature Press, 2013, p.449.

[12] Œuvres choisies de Mao Zedong [en chinois], tome IV, Éditions du Peuple, 1991, p.1163.

 

[13] Œuvres choisies de Mao Zedong [en chinois], tome IV, 2e édition, Éditions du Peuple, 1991, p.1162.

[14] Textes de Mao Zedong sur la politique étrangère [en chinois], Central Party Literature Press et Éditions Connaissances du monde, 1994, p.205.

[15] Œuvres de Mao Zedong [en chinois], tome VI, Éditions du Peuple, 1999, p.334.

[16] Œuvres de Mao Zedong [en chinois], tome VIII, Éditions du Peuple, 1999, p.355.

[17] Biographie chronologique de Mao Zedong (1949-1976) [en chinois], tome VI, Central Party Literature Press, 2013, p.522.

[18] Œuvres choisies de Mao Zedong [en chinois], tome III, Éditions du Peuple, 1991, p.1086.

[19] Textes de Mao Zedong sur la politique étrangère [en chinois], Central Party Literature Press et Éditions Connaissances du monde, 1994, p.78.

[20] Œuvres choisies de Mao Zedong [en chinois], tome IV, Éditions du Peuple, 1991, p.1461.

[21] Œuvres choisies de Zhou Enlai [en chinois], tome II, Éditions du Peuple, 1984, p.118. Lors de la conférence afro-asiatique de Bandung en avril 1955, Zhou Enlai a remplacé le « respect mutuel de la souveraineté territoriale » par le « respect mutuel de la souveraineté et de l’intégrité territoriale ». Les Cinq Principes de Coexistence pacifique sont ainsi devenus : le respect mutuel de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, la non-agression mutuelle, la non-ingérence dans les affaires intérieures, l’égalité et les avantages réciproques, et la coexistence pacifique. Voir Œuvres choisies de Zhou Enlai [en chinois], tome II, Éditions du Peuple, 1984, p.151-152.

[22] Manuscrits de Mao Zedong depuis la fondation de la République populaire de Chine [en chinois], tome VI, Central Party Literature Press, 1992, p.148.

[23]Œuvres de Mao Zedong [en chinois], tome VI, Éditions du Peuple, 1999, p.362.

[24]Œuvres de Mao Zedong [en chinois], tome VII, Éditions du Peuple, 1999, p.316.

[25] Œuvres de Mao Zedong [en chinois], tome VII, Éditions du Peuple, 1999, p.16.

[26] Biographie chronologique de Mao Zedong (1949-1976) [en chinois], tome VI, Central Party Literature Press, 2013, p.498.

[27] Biographie chronologique de Mao Zedong (1893-1949) [en chinois], tome I, Central Party Literature Press, 2013, p.620.

[28] Biographie de Mao Zedong [en chinois], tome VI, Central Party Literature Press, 2011, p.2314.

[29] Biographie de Mao Zedong [en chinois], tome V, Central Party Literature Press, 2011, p.2272.

[30] Œuvres choisies de Mao Zedong [en chinois], tome III, Éditions du Peuple, 1991, p.1033.

[31] Biographie chronologique de Mao Zedong (1949-1976) [en chinois], tome V, Central Party Literature Press, 2011, p.283.

[32] Œuvres de Mao Zedong [en chinois], tome VII, Éditions du Peuple, 1999, p.291.

[33] Biographie chronologique de Mao Zedong (1949-1976) [en chinois], tome III, Central Party Literature Press, 2013, p.175.

[34] Œuvres de Mao Zedong [en chinois], tome VIII, Éditions du Peuple, 1999, p.301.

[35] Manuscrits militaires de Mao Zedong depuis la fondation de la République populaire de Chine [en chinois], Édition des Sciences militaires et Central Party Literature Press, 2010, p.294.

[36] Œuvres de Mao Zedong [en chinois], tome VII, Éditions du Peuple, 1999, p.157.

[37] Manuscrits de Mao Zedong depuis la fondation de la République populaire de Chine [en chinois], tome XI, Central Party Literature Press, 1996, p.175.

[38] Textes de Mao Zedong sur la politique étrangère [en chinois], Central Party Literature Press et Éditions Connaissances du monde, 1994, p.651.

[39] Œuvres de Mao Zedong [en chinois], tome VI, Éditions du Peuple, 1999, p.340.

[40] Biographie chronologique de Mao Zedong (1949-1976) [en chinois], tome IV, Central Party Literature Press, 2013, p.537.

[41] Biographie chronologique de Mao Zedong (1949-1976) [en chinois], tome VI, Central Party Literature Press, 2013, p.627.