Interview accordée par l'Ambassadeur LU Shaye à Mandarin TV au sujet du discours du Président Xi Jinping au Forum de Boao pour l'Asie

Source:amb-chine.fr 2022-04-27 | | Publié le:2022-05-06

Le 26 avril 2022, l’Ambassadeur de Chine en France Lu Shaye a accordé une interview à Mandarin TV sur le discours du Président Xi Jinping au Forum de Boao pour l’Asie, dont le contenu est le suivant :

Q : Les impacts du conflit entre la Russie et l’Ukraine touchent le monde entier et posent de nouveaux défis à notre monde loin de tranquillité. Le 21 avril, le Président chinois Xi Jinping a avancé l’Initiative pour la Sécurité mondiale dans son discours à la cérémonie d’ouverture de la Conférence annuelle 2022 du Forum de Boao pour l’Asie. Pourriez-vous nous en éclairer un peu ?

R : Actuellement, le conflit russo-ukrainien perdure, les flammes de la guerre continuent de brûler sur le continent européen. La paix s’avère d’autant plus fragile et précieuse. C’est dans ce contexte que le Président Xi Jinping a avancé l’Initiative pour la Sécurité mondiale à la conférence annuelle 2022 du Forum de Boao pour l’Asie, pour fournir une solution dont on a besoin urgent. Cette Initiative comprend « six engagements », à savoir : s’engager à porter la vision de sécurité commune, intégrée, coopérative et durable ; s’engager à respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale des différents pays ; s’engager à observer les buts et principes de la Charte des Nations Unies ; s’engager à prendre en compte les préoccupations sécuritaires légitimes de tous les pays ; s’engager à rechercher, par voie de dialogue et de concertations, des solutions pacifiques aux divergences et différends interétatiques ; et enfin, s’engager à adopter une approche globale pour préserver la sécurité traditionnelle et la sécurité non traditionnelle. Cette initiative importante non seulement incarne une grande vision globale, mais aussi comporte des solutions pragmatiques aux problèmes concrets. Elle vise à la fois à régler les problèmes de sécurité immédiats et à préserver fondamentalement la paix durable dans le monde. C’est une illustration vivante du concept de communauté d’avenir partagé pour l’humanité dans le domaine de la sécurité, qui donne le cap à suivre pour une solution politique de la crise ukrainienne.


Quand on regarde les tenants et les aboutissants du conflit russo-ukrainien, on voit bien que ce sont exactement les agissements de longue date de certains pays contre ces « six engagements » qui ont conduit à la crise. La guerre froide est déjà terminée il y a 30 ans, mais la mentalité de la guerre froide ne s’est jamais effacée de l’histoire. Pour consolider leur hégémonie, les États-Unis sont toujours obsédés par la confrontation des blocs et le jeu à somme nulle, et tentent d’assurer leur propre sécurité au prix de l’insécurité des autres. L’OTAN, au mépris continuel des préoccupations sécuritaires légitimes de la Russie, a effectué cinq cycles d’expansion vers l’Est, acculant la Russie au pied du mur. À la veille du conflit russo-ukrainien, les États-Unis n’ont cessé de jeter de l’huile sur le feu pour attiser les tensions entre la Russie et l’Ukraine, provoquant et irritant la Russie par tous les moyens, ce qui a finalement conduit à l’escalade. Après l’éclatement de la crise, les États-Unis défendent la paix au bout des lèvres, mais en réalité continuent d’agir de manière à accentuer les antagonismes et à intensifier la confrontation. Au moment où des progrès importants étaient apparus dans les négociations entre la Russie et l’Ukraine, certains pays ont délibérément monté des incidents et accéléré la livraison d’armes à l’Ukraine, tuant l’espoir d’une cessation des hostilités. Ce qui intéresse vraiment les États-Unis, ce n’est pas la paix, la démocratie ou les droits de l’homme, mais de se servir autant que possible de ce conflit pour satisfaire leurs intérêts géopolitiques et préserver leur hégémonie.

Le Président Xi Jinping souligne que l’humanité forme une communauté de sécurité indivisible. Comme les faits l’ont démontré une fois de plus, la mentalité de la guerre froide ne peut que saper l’architecture de la paix mondiale, l’hégémonisme et la politique du plus fort ne peuvent que mettre en péril la paix dans le monde, et la confrontation des blocs ne peut qu’accentuer les défis sécuritaires du 21e siècle. L’Initiative pour la Sécurité mondiale est un nouveau bien public mondial fourni par la Chine. Elle apporte des réponses claires sur le concept essentiel, les lignes fondamentales, les principes majeurs, les objectifs de long terme et l’approche réalisable pour préserver et atteindre la sécurité mondiale et contribue, par la sagesse chinoise, à la réforme du système de gouvernance de la sécurité mondiale et au dénouement des nœuds gordiens de sécurité auxquels l’humanité est confrontée.

Q : Dans son discours, le président Xi Jinping a souligné que les pays du monde sont sur le même navire et partagent heurs et malheurs. Alors comment travailler ensemble pour relever les nombreux défis planétaires ?

R : Pour le bien-être commun de l’humanité, les relations internationales et la gouvernance mondiale ne doivent pas être dictées par une poignée de pays, d’autant plus qu’ils tentent d’aller à rebours de l’histoire en repoussant le monde sur la voie erronée de l’époque de la guerre froide, c’est-à-dire l’intimidation des petits par les grands, l’oppression des faibles par les forts, la confrontation des blocs et le jeu à somme nulle. Il est dans l’intérêt fondamental de tous les pays de promouvoir la démocratisation des relations internationales et de construire un nouveau type de relations internationales caractérisé par le respect mutuel, l’équité, la justice, et la coopération gagnant-gagnant. Comme l’a souligné le président Xi Jinping dans son discours, dans le monde d’aujourd’hui, l’unilatéralisme et l’égoïsme extrême ne mèneront nulle part. Le découplage, la rupture d’approvisionnement et la pression maximale ne mèneront nulle part. Monter de « petits cercles » et provoquer l’antagonisme et la confrontation par le clivage idéologique ne mèneront nulle part.

Aujourd’hui, les mutations que traversent notre monde, notre temps et l’Histoire s’opèrent de manière sans précédent. Comment l’humanité peut-elle faire face aux défis mondiaux tels que la pandémie inédite depuis un siècle, la crise sécuritaire, le fossé de développement et le déficit de gouvernance ? Dans son discours, le président Xi Jinping a insisté sur quatre points essentiels. Premièrement, porter la vision de la gouvernance mondiale basée sur les principes d’amples consultations, de contribution conjointe et de bénéfices partagés ; deuxièmement, promouvoir les valeurs communes de l’humanité, à savoir la paix, le développement, l’équité, la justice, la démocratie et la liberté ; troisièmement, préconiser les échanges et l’inspiration mutuelle entre les civilisations ; et quatrièmement, poursuivre le véritable multilatéralisme. Le président Xi Jinping a particulièrement souligné que les grands pays doivent surtout donner l’exemple dans le respect de l’égalité, de la coopération, de la crédibilité et de l’état de droit pour être à la hauteur de leur grandeur. 

Q : Avec des efforts inlassables de longue haleine, l’Asie est devenue un nouveau haut lieu de développement dans le monde. Cependant, certains pays hors région interviennent fréquemment dans les affaires régionales et tentent même de provoquer des conflits. À votre avis, comment les pays asiatiques doivent-ils faire preuve de sagesse pour maintenir la paix, la stabilité et le développement durement acquis de la région ?

R : Effectivement, comme vous l’avez dit, pendant les décennies écoulées, l’Asie a maintenu une stabilité globale et une croissance rapide et soutenue, créant un « miracle asiatique » qui a retenu l’attention du monde entier. En 2021, sur fond de pandémie, l’Asie a su réaliser en premier la reprise économique et est devenue un moteur important de la croissance mondiale. Selon une étude publiée par le Forum de Boao pour l’Asie, en 2021, la part de l’Asie dans l’économie mondiale a augmenté à 47,4 % en termes de parité de pouvoir d’achat.


Mais ce à quoi il faut être vigilant, c’est que dans le contexte du conflit entre la Russie et l’Ukraine et du retour de la guerre sur le continent européen, une poignée de pays dirigés par les États-Unis ont multiplié leurs sournoises manœuvres en Asie. Ils cherchent à faire des vagues pour saper la dynamique de développement asiatique. Ces dernières années, les États-Unis n’ont pas lésiné sur les moyens pour former des clans exclusifs dans la région Asie-Pacifique comme le Quad et AUKUS, essayer de créer une « version asiatique de l’OTAN », entraîner les pays régionaux dans la confrontation des blocs, et déplacer les conflits, les guerres et les crises vers l’Asie-Pacifique. Ces actes sont à contre-courant de l’histoire, contreviennent aux intérêts fondamentaux et à la volonté générale des peuples asiatiques, et sont voués à l’échec.

Il faut noter en particulier que, récemment, les États-Unis ont fait diverses provocations sur la très sensible question de Taiwan, piétinant la ligne rouge de la Chine. Bien que la question de Taiwan soit d’une nature différente de celle de l’Ukraine, les récentes actions dangereuses des États-Unis rappellent ce qu’ils ont fait avant le conflit russo-ukrainien. Ils sont en train de « souffler sur les braises » dans la tentative d’allumer une guerre en Asie. Nous tenons une fois de plus à exhorter le gouvernement américain à faire preuve de prudence en paroles et en actes sur la question de Taiwan, et à traduire dans la réalité les engagements pris par le président Biden, à savoir que les États-Unis ne cherchent pas à faire une nouvelle guerre froide avec la Chine ou à changer le système de la Chine, que la revitalisation de leurs alliances ne vise pas la Chine, qu’ils ne soutiennent pas « l’indépendance de Taiwan » et qu’ils n’ont pas l’intention d’entrer en conflit avec la Chine. Personne ne doit sous-estimer la ferme détermination, la forte volonté et la grande capacité du peuple chinois à défendre la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale. Le gouvernement chinois prendra toute mesure nécessaire pour déjouer les tentatives sécessionnistes visant « l’indépendance de Taiwan », c’est non seulement sauvegarder la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Chine, mais aussi maintenir la paix et la sécurité dans la région Asie-Pacifique. Car « l’indépendance de Taiwan » implique la guerre. Comme le président Xi Jinping l’a souligné, quand l’Asie va bien, le monde entier ira mieux. Tous les pays, qu’ils soient grands ou petits, puissants ou faibles, asiatiques ou non, doivent contribuer au succès de l’Asie et non y semer le trouble. La Chine travaillera avec les pays de la région pour maintenir la paix, renforcer la coopération et promouvoir la solidarité, afin de prendre fermement en main notre destin. 

Q : Ces derniers temps, certains médias occidentaux se sont montrés très préoccupés par la stratégie zéro COVID dynamique en Chine. Ils disent que la Chine se referme sur elle-même, ce qui perturbe les chaînes industrielle et d’approvisionnement mondiales. Ils suggèrent même que les perspectives économiques de la Chine s’assombrissent et pèseront sur la reprise mondiale. Quelle est votre réaction à cet égard ?

R : Depuis quelque temps, la presse occidentale a fait beaucoup de conjectures, de mauvaises interprétations voire de calomnies au sujet des mesures sanitaires chinoises. Comme le président Xi Jinping l’a clairement indiqué, la vie et la santé sont un préalable au développement et au progrès de l’humanité. Pour vaincre définitivement la COVID-19, nous devons encore déployer des efforts ardus. Les pays doivent se soutenir mutuellement, renforcer la coordination des mesures sanitaires et améliorer la gouvernance mondiale de la santé publique, en vue d’une synergie internationale puissante face à l’épidémie. À court terme, la stratégie zéro COVID dynamique de la Chine a effectivement certains impacts sur la production et la logistique. Mais à moyen et long terme, ce n’est qu’en poursuivant la stratégie zéro COVID dynamique et en coordonnant scientifiquement la réponse à la COVID avec le développement économique et social que nous pourrons assurer la stabilité et la fluidité des chaînes industrielle et d’approvisionnement internationales et apporter un soutien durable et solide à la reprise économique mondiale. Choisir « Tang Ping », c’est-à-dire s’allonger à plat et ne rien faire, reviendra à laisser l’épidémie se propager. Certe, cela pourrait stimuler temporairement la consommation et la production, mais la pénurie de main-d’œuvre et d’autres problèmes causés par une infection à grande échelle laisseront de multiples séquelles et pèseront sur le développement économique. Poursuivre la stratégie zéro COVID dynamique, c’est non seulement être responsable envers la vie et la santé du peuple chinois, mais aussi apporter notre part de contribution en tant que grand pays à la lutte contre la pandémie et au développement économique mondial.

Depuis le début de l’année, tandis que la pression à la baisse sur l’économie mondiale ne cesse d’augmenter, l’économie chinoise a aussi rencontré des problèmes saillants. Mais les fondamentaux de l’économie chinoise restent inchangés, c’est-à-dire un grand potentiel, une forte résilience, une grande vitalité, une large marge de manœuvre et une multiplicité d’outils macro-économiques. Selon les chiffres du Bureau national des statistiques de Chine, au premier trimestre, le PIB de la Chine a augmenté de 4,8 % en glissement annuel, les investissements au secteur manufacturier, de 15,6 %, la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière de haute technologie, de 14,2 %, et l’indice des prix à la consommation n’a monté que de 1,1 %. Les principaux indicateurs se situent tous dans une fourchette raisonnable et les points positifs ne manquent pas, ce qui montre que l’économie chinoise a pris un bon départ en 2022, progresse dans la stabilité et que la structure économique de la Chine continue d’être optimisée. Bien que le FMI et la Banque mondiale aient récemment revu à la baisse leurs prévisions de croissance pour la Chine, les perspectives de développement économique de notre pays restent nettement meilleures que les autres grandes économies, tant en termes de prévisions de croissance que d’ampleur de révision à la baisse.

2022 est une année très importante pour le développement national de la Chine. Dans le deuxième semestre, se tiendra le 20e Congrès du Parti communiste chinois, qui sera l’occasion de tracer la feuille de route du développement futur du pays. Malgré un environnement extérieur complexe et préoccupant, la Chine dispose d’une bonne base, de larges espaces et des moyens nécessaires pour stabiliser les fondamentaux macroéconomiques et maintenir l’économie dans la zone raisonnable. Il n’est donc pas nécessaire d’être pessimiste sur les perspectives économiques de la Chine.

L’ouverture sur l’extérieur constituent une politique fondamentale de la Chine. La Chine est déjà profondément intégrée dans l’économie mondiale et le système international. Ceux qui parlent du « repli de la Chine » n’ont qu’une compréhension très superficielle de notre pays. Comme le président Xi Jinping l’a souligné, la Chine appliquera le nouveau concept de développement sur toute la ligne, accélérera la construction de la nouvelle dynamique de développement et œuvrera à réaliser un développement de haute qualité. Quels que soient les changements dans le monde, la confiance et la détermination de la Chine resteront inébranlables pour poursuivre la réforme et l’ouverture. La Chine est en train d’élargir une ouverture de haut niveau sur l’extérieur, ce qui donnera, j’en suis sûr, une forte impulsion à la stabilisation et à la reprise de l’économie mondiale, et offrira des opportunités de marché plus larges à tous les pays.


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