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RMB : une dévaluation ne veut pas dire guerre des devises (COMMENTAIRE)

Publié le:2015-08-20 | Source:french.xinhuanet.com | Augmenter la taille du texte | Réduire la taille du texte

Si le Fonds monétaire international (FMI) a salué la décision de la Chine de réviser le taux pivot du yuan, c'est sans surprise que certains parlementaires américains ont critiqué cette réforme.

Les accusations de manipulation du Renminbi (RMB) afin d'en tirer un avantage commercial ne tiennent pas la route et leurs inquiétudes de voir la Chine "déclencher une guerre des devises" sont exagérées.

La Banque populaire de Chine (PBoC, banque centrale) a annoncé mardi que le taux pivot autour duquel le RMB pouvait fluctuer avant l'ouverture des marchés devait désormais se baser sur l'offre et la demande, les taux interbancaires à la clôture la veille et les fluctuations des principales devises étrangères.

Tout d'abord, cette décision s'est faite dans un contexte qui a vu le taux pivot du RMB dévier du taux du marché "dans une large mesure et pendant un certain temps", ce qui a "sapé" ce taux considéré comme faisant autorité et un repère.

La PBoC vise par ce moyen à ce que la parité dollar/yuan reflète mieux la réalité du marché et que la dévaluation du yuan qui en résulte est le fruit de réformes qui visent à faire du nouveau taux de change un instrument au plus près du marché.

La plongée de la devise chinoise après cette annonce n'est qu'un ajustement "unique", qui n'a fait que rééquilibrer les différences de longue date entre le taux pivot et le taux du marché.

De plus, réformer le mécanisme de formation du taux de change ne signifie en rien une dévaluation ou une tendance à la dévaluation du RMB.

Second point : la Chine n'a pas dévalué le yuan pour doper ses exportations au détriment des ses concurrents étrangers. Un taux de change plus bas n'est qu'un sous-produit de la décision, pas son but.

Il est vrai que les exportations chinoises ont connu un creux cette année, mais celui-ci reflète surtout une baisse de la demande extérieure. Heureusement, la Chine dispose de suffisamment de moyens pour doper la demande intérieure afin d'affronter ces vents contraires.

D'après la banque HSBC, les politiques monétaire et fiscale deviennent de plus en plus accommodantes et mieux coordonnées, comme l'illustrent les informations montrant que les banques vont émettre plus de 1.000 milliards de yuans en obligations pour soutenir les investissements.

HSBC prévoit que "la combinaison d'un soutien fiscal et monétaire devrait aider à s'assurer que l'économie (soit) sur le chemin d'une reprise cyclique et parviendra à son objectif de croissance d'environ 7%".

Troisièmement, l'affaiblissement de la devise chinoise résulte d'une croissance économique plutôt lente. Or, un taux de change stable a besoin d'une économie solide. Quand l'économie américaine a montré des signes de reprise, il était normal de voir le dollar s'apprécier.

Mais la Chine a besoin de plus de temps pour se stabiliser, elle qui est entrée dans une "nouvelle norme" de croissance où elle doit réorienter son modèle de développement à un niveau plus équilibré et durable. Cela ne surprendra donc personne de voir que le taux de change du RMB se stabilisera dès que l'économie sera stabilisée elle-même.