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L'apport des entreprises chinoises au monde

Publié le:2015-08-28 | Source:french.china.org.cn | Augmenter la taille du texte | Réduire la taille du texte

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Les 4 et 5 juin derniers, le Sixième forum international sur l'investissement et la construction d'infrastructures s'est tenu à Macao. Il était organisé conjointement par la China International Contractors Association et le Bureau économique de Macao. Un forum qui avait pour objectif de fournir une plate-forme internationale spécialisée à l'échange d'idées, l'acquisition d'informations, la découverte d'opportunités et la recherche de coopérations.

Lors des discussions, la contribution mondiale des entreprises chinoises a été louée par les fonctionnaires de haut rang de plusieurs pays et les responsables des institutions financières internationales.

Des projets nationaux en provenance de Chine

« La Banque de l'ASEAN pour les infrastructures a bénéficié d'un soutien important de la part du gouvernement chinois. Chaque fois qu'un crédit spécial était négocié, l'attention se portait sur sa connexion aux infrastructures. Je crois que cela correspond très bien aux besoins de notre époque », a affirmé, admiratif, M. Lim Sidenine, secrétaire d'État au ministère cambodgien des Travaux publics et du Secrétariat. Il a souhaité que son pays puisse collaborer avec des compagnies d'ingénierie chinoises sur l'étude de projets concrets lors de l'élaboration du plan de développement national, ce qui pourrait accroître leur potentiel industriel.

« La coopération sino-zambienne remonte loin dans l'histoire. Dans les années 1970, la Chine a aidé la Zambie et la Tanzanie à construire un chemin de fer reliant les deux pays », a précisé M. Christopher Yaluma, ministre zambien du Développement minier, énergétique et hydraulique. La ligne de chemin de fer qui dessert la Zambie et la Tanzanie, long de 1 700 km, est toujours en service, bien qu'elle soit usée comme beaucoup d'autres voies ferrées zambiennes après un fonctionnement de près de 40 ans.

Selon M. Yaluma, en 2011, la construction d'infrastructures est l'une des priorités déclarées du gouvernement zambien, et elle atteint désormais 56,5 % du PIB du pays. En 2012, la Zambie a lancé un projet dit des « 8 000 routes ». On vise par ailleurs à promouvoir les échanges économiques entre le sud de la Zambie et les autres pays africains. Ces travaux, échelonnés en deux tranches, devraient se terminer dans 8 ans.

« Ce projet va coûter 5,6 milliards de dollars. Le manque de ressources financières est justement le plus grand défi auquel nous devons faire face », a expliqué Christopher Yaluma. « Heureusement que le gouvernement chinois nous a tendu la main encore une fois. 95 % des compagnies sélectionnées pour la mise en œuvre de ce projet sont chinoises et la plupart des fonds proviennent de la Banque chinoise d'import-export. Nous maintenons une coopération étroite avec la partie chinoise. »

Le fait que les entreprises chinoises ont pris en charge un grand nombre de projets d'infrastructures dans les pays africains a largement contribué au développement socio-économique local. En 2014, la Chine a signé des contrats d'un montant de l'ordre de 75 milliards de dollars en Afrique. Parmi ces contrats, ceux dont les travaux sont déjà effectués totalisent 53 milliards de dollars. Dans l'avenir, les deux parties parlent d'établir un partenariat transnational et inter-régional dans le domaine des infrastructures.

« Les fonds investis par la Chine dans les infrastructures dépassent déjà de loin ceux de tout autre pays. Nous nous réjouissons que les entreprises chinoises d'ingénierie et du bâtiment aient cette capacité de fournir des projets d'infrastructures au niveau mondial », a dit Hans Schulz, vice-président de la Banque interaméricaine de développement. Selon lui, c'est pourquoi la Chine est devenue l'un des premiers partenaires des pays d'Amérique latine et des Caraïbes. Depuis 2010, elle est le deuxième pays exportateur vers l'Amérique latine et l'un des principaux partenaires commerciaux de la région.

« La coopération entre la Chine et Équateur concerne de nombreux projets d'infrastructures énergétiques. La centrale hydroélectrique de Coca Codo Sinclair, d'une puissance de 1 500 MW, est un exemple. C'est le plus grand projet hydroélectrique du pays. Grâce à ce projet, la production d'électricité nationale va doubler », a affirmé Angie Toral Hidalgo, secrétaire générale adjointe chargée de la gestion des organismes et de l'efficacité du ministère de la Coordination des secteurs stratégiques d'Équateur.

Selon Mme Hidalgo, l'Équateur prévoit une production électrique totale de 8 000 MW en 2016, dont 90 % générée par des centrales hydroélectriques. Un effort permettra d'éviter l'équivalent de 7 millions de tonnes d'émissions de CO2. Elle espère que la coopération avec la Chine servira à promouvoir le développement énergétique et électrique de son pays.

Les centrales hydroélectriques Jorge Cepernic et Néstor Kirchner sont deux projets issus de la coopération sino-argentine. Deux belles réalisations à l'actif des deux pays. « La puissance cumulée de ces centrales atteint 1 740 MW, pour un investissement de 7,4 milliards de dollars et 7 000 emplois créés », a exposé Liscia Sergio, conseiller du secrétaire national du ministère argentin de la Planification fédérale, des Investissements publics et des Services publics.

Responsabilité envers les localités

Que ce soit dans des projets nationaux comme ici, ou dans des projets plus modestes, les entreprises chinoises ne négligent jamais la dimension sociale de leur engagement.

Xu Xiangchun, directeur général adjoint de la China Metallurgical Group Corporation (MCC), raconte comment un projet minier s'est accompagné d'une série d'infrastructures bénéficiant à la population locale.

« En 1991, nous avons commercé les travaux préparatoires à l'exploitation d'une mine d'or et de cuivre au Pakistan. La vie locale était dure, on manquait d'eau, les habitants se servaient encore de lampes à huile. Nous avons d'abord construit une usine de traitement d'eau, puis une centrale électrique diesel. Les lignes de transmission électrique qui desservaient le chantier fournissaient également les villages alentour. Des foyers ont été ainsi alimentés en eau potable et en électricité. »

« Il n'y avait pas d'hôpital. Nous en avons créé un, d'abord pour servir nos employés qui étaient quelques centaines, mais aussi les habitants locaux. Ces derniers totalisaient en moyenne mille consultations par an. Nous avons encouragé les villageois à créer des entreprises en lien avec notre projet, comme par exemple un producteur de chaux et un autre d'empierrements. Ces entreprises nous fournissent leurs produits et génèrent un revenu local. Nous avons encore mis en place une école primaire et une école de formation, cette dernière formant des techniciens pour la localité. »

En plus de la création d'emplois, certains pays cherchent à obtenir de la Chine des transferts de technologies sophistiquées.

Ces demandes ont rencontré plus ou moins d'écho de la part des entreprises chinoises. Certaines compagnies ont réalisé qu'elles pourraient ainsi accroître l'enveloppe du projet. Selon Du Fei, directeur général adjoint de la China Road & Bridge Corporation (CRBC), sa compagnie a distribué des bourses à 200 étudiants étrangers pour qu'ils viennent faire leurs études en Chine. La première année est consacrée à l'apprentissage du chinois, puis ils passent les années suivantes à acquérir des connaissances professionnelles. La compagnie a établi des laboratoires sur le site des chantiers et des bases d'expérimentation dans des universités proposant des formations à la spécialité du génie civil.

Les entreprises chinoises attachent une grande attention aux normes de réalisation des travaux de construction ainsi qu'à la sécurité des personnels. L'hôpital pour enfants de Trinité-et-Tobago, construit en deux ans par le Shanghai Construction Group Co., Ltd. (SCG), vient d'être inauguré en juillet. Les travaux de construction de cet hôpital, qui se targue d'être le plus grand et le plus avancé des Caraïbes, ont été réalisés aux normes américaines et leur supervision a été confiée à une des meilleures sociétés américaines. « Le corps médical peut travailler directement à son poste dès l'entrée à l'hôpital », a expliqué Bian Jiajun, vice-président du SCG. L'ensemble des équipements, depuis les spectromètres de résonance magnétique nucléaire jusqu'aux bistouris et même les carnets des infirmières, ainsi que tous les logiciels, sont fournis par SCG.

En ce qui concerne la sécurité professionnelle, la China Nonferrous Metal Industry's Foreign Enginerring & Construction Co., Ltd. (NFC) a montré la voie dans le projet qu'elle a obtenu au Kazakhstan, où les normes occidentales sont strictement respectées. L'entreprise a adopté à cette occasion le logiciel P6, l'un des logiciels de gestion des travaux les plus avancés et largement employé dans les pays occidentaux. Elle envisage de l'utiliser dans tous ses projets d'outre-mer.

La responsabilité signifie également qu'on doit fournir le travail promis quels que soient les circonstances. Song Dongsheng, PDG de la Sinohydro Corporation Limited, raconte que lors de la construction de la centrale hydroélectrique de Felou au Mali, une guerre civile s'est déclarée en 2012 et 2013. « Alors que tous les ingénieurs occidentaux ont été évacués, les Chinois et les employés locaux n'ont cessé de travailler un seul jour. Cela aussi, c'est la responsabilité sociale. »

La localisation de l'exploitation

« La charité n'est pas la seule forme de responsabilité sociale, la localisation en est une autre », a souligné Sun Ziyu, vice-président de la China Communications Construction Company Limited. Auparavant, lorsqu'elles prenaient pied sur les marchés émergents d'Amérique latine, les entreprises chinoises diffusaient leur modèle et leurs produits dans ce pays. Mais ce modèle traditionnel n'était pas toujours le bon. Elles ont compris qu'il est nécessaire de développer des produits adaptés aux marchés locaux, y compris dans le domaine des services publics et des infrastructures, et donc de coopérer avec des entreprises locales, en recrutant des employés locaux. C'est tout cela que l'on appelle la « localisation ». C'est ainsi qu'on peut réussir en Amérique latine.

« Pendant de longues années, nos matières premières étaient acheminées depuis la Chine, mais c'est rare de nos jours », a expliqué Ma Tieshan, directeur général adjoint du Beijing Construction Group Co. Ltd. (BCG). Quand les matériaux ne sont pas disponibles sur les marchés locaux, ils sont achetés sur le marché mondial. Surtout en ce qui concerne les matériaux de construction, il vaut mieux les trouver dans la localité chaque fois que c'est possible. La coopération avec les entreprises locales leur assure un marché local stable. »

« Chaque fois que nous investissons 100 yuans à l'étranger, qu'il s'agisse d'un projet de financement ou de travaux, 40 yuans au moins sont destinés aux achats locaux, notamment le paiement de salaires des personnels locaux », a précisé Du Fei. Il y a quelques années, il a travaillé au Kenya en tant que chef d'un projet où le personnel chinois ne représentait que 10 % de l'effectif total.

« Sur le plan culturel, nous encourageons nos employés chinois à considérer le pays où ils travaillent comme leur pays d'adoption, à se rapprocher du marché local et à communiquer autant que possible avec les organismes gouvernementaux locaux », a souligné Ding Zhengguo, directeur général du Service des opérations d'outre-mer de la Power Construction Corporation of China.

Ding est également convaincu qu'avec l'évolution des modèles commerciaux, la localisation va prendre plus d'importance et faire changer les mentalités en la matière. « Que ce soit l'Afrique ou d'autres régions, l'entrée sur le marché doit être le résultat d'un développement stratégique. Si nous avons entrepris des travaux publics sous contrat dans le passé, nous intégrons désormais différents modèles commerciaux de financement et d'investissement dans nos activités de gestion. Si le projet inclut un modèle de financement, le processus est plus durable. »

« Comment ces pays pourront-ils assurer l'entretien des routes et des ponts si nos ouvriers s'en vont dès la fin des travaux de construction ? Nous devons aider les pays frères à se développer de manière durable », a expliqué Wang Hongqian, directeur général de la NFC. En tant que compagnie cotée en Bourse, les revenus d'outre-mer représentent 60 à 70 % du chiffre d'affaires de la société, laquelle a tout intérêt à réaliser des projets profitables pour ses partenaires étrangers en vue d'attirer d'autres clients. « Le premier ministre Li Keqiang a récemment formulé le concept de coopération en capacité de production. Nous nous efforcerons de répondre à son appel, en développant de nouvelles formes de coopération sur les projets d'infrastructures. Dans les projets miniers par exemple, nous pouvons y participer en tant qu'actionnaires, ou en vendant les produits extraits, ou encore prendre en charge les opérations de transformation des minerais. Dans tous les cas, nous recrutons des personnels locaux », a ajouté M. Wang.