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Les responsables provinciaux et ministériels « post-60 », l'avenir de la Chine

Publié le:2012-09-25 | Augmenter la taille du texte | Réduire la taille du texte

Par: | Source:french.peopledaily.com.cn

  Les responsables de niveau provincial et ministériel nés dans les années 1960, les fameux « post-60 », sont devenus un véritable rayon de soleil dans le paysage politique chinois. Selon des statistiques -incomplètes cependant- ces responsables sont actuellement au nombre de 161, dont 118 sont aussi membres d'un comité permanent provincial. Jeunes, bien éduqués, ayant une expérience pratique, une formation sociale, voilà les caractéristiques typiques principales de ce groupe de dirigeants.
Dans les cinq années qui viennent, et même dans les décennies à venir, ces caractéristiques influeront la gouvernance en Chine, leur style de gouvernement aura une influence sur un grand nombre de jeunes cadres. Après une durée de cinq à dix ans, nombre d'entre eux pourront peut-être même accéder à des responsabilités plus élevées. Ils pèseront sur la direction future et sur l'avenir de la Chine.
Une génération significativement marquée par les sciences sociales

Par rapport à leurs aînés nés dans les années 1940 et 1950, ce qui caractérise le mieux ces responsables de niveau provincial et ministériels « post-60 » est qu'ils sont plus jeunes, pragmatiques, et qu'ils possèdent de grandes connaissances. Ils sont aussi férus d'économie, charismatiques, et fortement sensibles aux problèmes sociaux.
Selon les statistiques, sur 158 responsables de niveau provincial et ministériel, 97 sont en effet diplômés en lettres et sciences sociales, soit 61,39%, et 61 sont diplômés en sciences et ingénierie, soit 38,61%. Cela montre que par rapport au passé, la prédominance des ingénieurs est progressivement en train de s'effacer face aux lettres et sciences sociales, ce qui est cohérent avec les tendances d'une gouvernance d'Etat moderne.
Sur ces 97 responsables diplômés en lettres et sciences sociales, 39 l'ont été en sciences de gestion, soit 40,21%, 29 ont obtenu un diplôme d'économie, soit 29,89%, et 19 un diplôme en droit (ce qui couvre le droit à proprement parler, la politique et d'autres spécialités), soit 19,59%. Sachant que l'économie, la gestion, les connaissances juridiques correspondent à l'évolution des conditions nationales de développement de la Chine, on ne s'étonnera donc pas de voir les responsables possédant ce genre de savoir arriver au premier plan.
Une expérience de travail à la base
Ne se contentant pas de ces diplômes, la plupart de ces dirigeants ont aussi une expérience professionnelle plus riche et acquise à la base. Mais dans le même temps, la société a aussi, envers ces responsables de niveau provincial et ministériel, de plus fortes attentes. Cela n'est pas seulement dû à leur importance dans la vie politique et sociale du pays, qui suscite un intérêt croissant, mais aussi parce que les gens sentent que le développement actuel de la société chinoise n'est pas exempt de problèmes et de troubles, et que l'émergence de ces nouveaux dirigeants politiques fait donc que pèsent sur leurs épaules des espoirs et des attentes.
Les analystes pensent que les responsables d'entreprises qui exercent des responsabilités gouvernementales bénéficient d'un avantage évident. Avoir exercé des responsabilités dans des entreprises publiques leur permet en effet d'introduire des méthodes de gestion dans les organisations du Parti et du Gouvernement, et ainsi d'encourager les autres responsables à évoluer dans leurs idées, en particulier dans certains secteurs professionnels importants qui ont besoin de responsables professionnels.
Des conceptions gouvernementales qui vont influencer la Chine
En tant que dirigeants locaux, et dans le cadre du développement économique et social local en Chine, ces jeunes cadres de niveau provincial et ministériel vont sans aucun doute être amenés à assumer la responsabilité énorme de la construction une société de bien-être global dans les cinq années qui viennent. Et à plus long terme, lors de la prochaine décennie, ce groupe des « post-60 » va être amené à constituer l'épine dorsale dirigeante du Parti Communiste Chinois. Certains deviendront même des dirigeants du Parti et du pays, et ils auront donc une grande influence sur l'avenir de la Chine.
La politique d'ouverture et de réforme étant à présent entrée dans une zone que l'on pourrait qualifier d'« eaux profondes », les conflits d'intérêts sévères risquent d'augmenter, et donc qu'il va falloir faire davantage d'efforts pour les résoudre. Aussi une compréhension profonde de la politique d'ouverture et de réforme par ces responsables provinciaux et ministériels « post-60 » est la seule voie de sortie possible pour le développement futur de la Chine. Par conséquent, quels que soient les obstacles et les difficultés, leur conception du pouvoir ne saurait regarder en arrière : leur seul souci sera de trouver, pour l'avenir, comment accroître le degré d'ouverture et de réforme.
La capacité de diriger et les conceptions gouvernementales de ces responsables provinciaux et ministériels « post-60 » influeront profondément le futur et le destin du socialisme à caractéristiques chinoises, et d'elles dépendra le maintien et la consolidation du rôle dirigeant du Parti Communiste Chinois. Je suis persuadé qu'ils se montreront dignes de leurs responsabilités, et qu'ils sauront mener la cause de la modernisation de la Chine vers de nouveaux sommets.