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«L’agriculture, les régions rurales et les paysans» sont l’appui énergique du miracle chinois

Publié le:2015-04-09 | Augmenter la taille du texte | Réduire la taille du texte

Par:Chen Xiwen | Source:site people.cn et le Quotidien du Peuple

De 1979 à 2013, le PIB chinois a maintenu une croissance annuelle de 9,8%, et sa part dans le PIB mondial a passé de 1,7% à 12,3%. Par contre, l’agriculture a connu une diminution dont la part dans le PIB national est tombée de 28,2% à 10%. Pourtant la place fondamentale de l’agriculture dans l’économie nationale n’a pas changé. La Chine a une population de plus d’un milliard de personnes, si elle ne peut pas résoudre le problème de la nourriture en comptant sur ses propres forces, personne d’autres ne peut rien y faire et le miracle chinois est hors de question. De 1978 à 2013, la population chinoise a augmenté de 41,4% contre une croissance de 39,8% sur le plan de la production céréalière par habitant. D’ailleurs, la production par habitant du coton, de l’huile, de la viande, du sucre, du lait, des légumes, des fruits et des fruits de mer a été multipliée, voire décuplée.

La clé de la réussite de l’agriculture chinoise réside dans la promotion de l’innovation et de la réforme sur tous les plans. La réforme de la Chine a débuté par la campagne et plus précisément par celle de la réforme du système d’exploitation et de gestion dont l’objectif vise à assurer l’autonomie de l’exploitation et de la gestion des paysans. Au début des années 80 du siècle dernier, le système d’exploitation agricole rurale basé sur la prise en charge forfaitaire par les familles et alliant les initiatives collectives et individuelles a été généralisé dans les régions rurales, mais cette généralisation ne signifiait pas la fin de la réforme. 

Pour les terres collectives cultivables, sous l’impulsion de l’innovation du système visant à préciser le droit de propriété, à stabiliser le statut forfaitaire et à libérer le droit de gestion, dès la fin du juin 2014, près de 26% de foyers paysans ont transféré partiellement ou totalement le droit d’exploitation des terres cultivables dont ils sont forfaitaires et la superficie des terres en état de transfert représente 28,8% de la superficie totale des terres en exploitation forfaitaire du pays. Le transfert légal, volontaire et rémunéré du droit d’exploitation forfaitaire des terres a fait prospérer l’exploitation de dimensions appropriées sous toutes ses formes.  

Sur les terres noires du Nord-est, plusieurs milliers de foyers paysans, en transférant leur droit d’exploitation forfaitaire des terres, sont devenus actionnaires de grandes coopératives dont l’échelle de l’exploitation et le degré de la mécanisation se sont hissés au même niveau que tous les pays modernisés en matière d’agriculture. Dans les régions rurales du sud du Yangtsé, les fermes familiales, dont la prospérité est due en grande partie au développement du transfert des droits d’exploitation forfaitaire, ont réalisé des recettes aussi élevées que les citadins et ce malgré leur échelle d’exploitation relativement moins remarquable. De plus en plus de familles paysannes ont mis en place de nouvelles technologies et des équipements agricoles très modernes en s’achetant les services sociaux agricoles. 

Les progrès sur le plan scientifique ont beaucoup contribué au développement de l’agriculture. En 2014, 55,6% de la croissance agricole vient de l’avancée des sciences agricoles et l’utilisation des meilleures variétés agricoles a augmenté de 43% le rendement unitaire des produits agricoles. En matière de principaux produits agricoles, le taux de mécanisation a atteint 61% pour les travaux du charruage, des semailles et de la récolte. En octobre 2014, le test organisé par des instances nationales concernées pour évaluer sur place le rendement moyen des grands champs expérimentaux occupés par le membre de l’Académie des Sciences de Chine, Monsieur Yuan Longping, a donné un bon résultat : 1026,7 kg par mu, ce qui montre la grande potentialité des progrès scientifiques pour l’agriculture en Chine. 

L’amélioration progressive du système d’appui et de protection de l’agriculture a assuré un développement sain de l’agriculture. À partir de l’an 2006, notre pays a exonéré toutes sortes de taxes liées à la production agricole, un coût total de 135 milliards de dollars pour les paysans. Simultanément, des mesures ont été adoptées par l’État dans le but de renforcer les infrastructures hydrauliques, les réseaux de communication, d’électricité et de télécommunication, ce qui améliore largement les conditions de vie et de travail des paysans. De surcroît, des subventions directes ont été accordées par l’État depuis 2004 aux produits agricoles importants et surtout aux produits céréaliers et une politique des prix d’achat minimum des céréales essentielles comme blé et paddy a été appliquée. Tout cela a eu pour effet d’avoir stimulé l’enthousiasme des paysans pour qu’ils se lancent encore plus activement dans la production agricole. 

La promotion du mécanisme et du système favorisant l’intégration urbaine-rurale a accéléré le processus de la modernisation agricole et l’augmentation du revenu des paysans. À la fin de l’an 2014, 274 millions de personnes venues des régions rurales travaillent dans des domaines non-agricoles ou dans les régions urbaines, un nombre qui a dépassé le nombre total de personnes qui travaillent dans l’agriculture. Plus de 170 millions de paysans travaillent dans des villes. Ils ont non seulement apporté leurs grandes contributions au développement des secteurs non-agricoles et des villes, mais aussi créé des conditions favorables à l’élargissement de l’envergure de l’exploitation agricole. Les revenus disponibles par habitant ont atteint 10489 yuans pour les paysans dont 39,6 % sous forme de salaire. En outre, le système de garanti du minimum vital, le nouveau système médical mutualisé rural, le système d’assurance vieillesse social pour les ruraux en adéquation avec celui des citadins, ont tissé un réseau de sécurité qui garantit la vie fondamentale des habitants ruraux.  

À l’heure actuelle, le développement de l’agriculture doit relever de nouveaux défis et supporter des pressions nouvellement apparues qui se traduisent principalement par une hausse continue des coûts de production agricole conduisant à une perte en compétitivité d’importants produits agricoles sur le marché international; d’ailleurs, le mode de développement extensif de l’agriculture a dépassé les limites du supportable des ressources et de l’environnement. Par conséquent, la conférence centrale sur le travail économique qui s’est tenue fin 2014 et le document numéro 1 du CC du PCC rendu public début de cette année ont indiqué conjointement que la solution fondamentale réside dans l’accélération avec détermination de la transformation du mode de développement agricole. Nous devons transformer un mode de développement extensif défini par la course à l’augmentation de la production basée sur une consommation démesurée des ressources en un mode de croissance qui privilège à la fois la quantité, la qualité et l’efficacité et qui prend pleinement en considération le renforcement de la compétitivité, l’innovation des sciences et des technologies agricoles et qui attache du prix au développement durable et intensif. Cela a pour objectif de trouver une voie de développement agricole marquée par l’efficacité, la sécurité des produits, l’économie de ressources et le respect de l’environnement. En suivant cette orientation et en insistant sur la réforme et l’innovation sur tous les plans ayant au centre d’attention la population agricole, nous pouvons faire de l’agriculture, de la campagne et des paysans un pilier irremplaçable du développement économique et social.  

 (L’auteur de cet article est le sous-chef et directeur général du bureau du groupe de travail central chargé des travaux relatifs aux affaires agricoles.)