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Quelques questions théoriques auxquelles il faut bien répondre dans la projection du développement socio-économique au cours du XIIIe Plan quinquennal

Publié le:2015-07-07 | Augmenter la taille du texte | Réduire la taille du texte

Par:PANG Jinju | Source:Quotidien Guangming

Sommaire:

Il faut s'attacher à résoudre les contradictions entre les demandes matérielles et culturelles croissantes du peuple et la capacité productive relativement en retard de notre société. Il faut accorder la première place au développement de la productivité et s'en tenir fermement à la théorie selon laquelle le développement constitue le principe fondamental.

Il faut envisager l'insuffisance de consommation et de demande d'une manière objective car cette insuffisance est de l'ordre structurel et il est inapproprié de considérer de façon générale la conjoncture actuelle comme « une économie de surplus ». Les mesures adoptées doivent être bien ciblées et la façon dont on stimule la demande globale doit être prudente.

Il est de toute nécessité que nous maintenions fermement le cap de la nouvelle normalité de notre économie. Accélérer la transformation du mode de développement, mettre à point la structure économique, faire de l'innovation le moteur de croissance, agir en fonction des circonstances afin d'anticiper et maîtriser la nouvelle normalité économique dont il faut promouvoir un développement sain.

Nous devons harmoniser les rapports entre la qualité, la rentabilité et la croissance. La nouvelle normalité n'est pas anonyme de la croissance, elle exige que l'on accorde une place centrale à la qualité et à la rentabilité et que l'on maintient une croissance économique haute et moyenne. Sans la croissance économique, toutes les solutions proposées seront infondées.

Combiner l'approfondissement des réformes avec le développement du bien-être du peuple. La réforme constitue la force motrice fondamentale à la fois de la gestion des deux contradictions fondamentales à savoir celle entre les forces productives et les rapports de production et celle entre l'infrastructure économique et la superstructure ainsi que du développement sain et durable de la société et de l'économie. Le peuple se situe au cœur de toute réforme et il faut avoir comme point de départ et d'aboutissement la garantie et l'amélioration de la vie du peuple pour que le fruit du développement soit partagé d'une manière plus abondante, plus équilibrée et plus tangible par le peuple.

Être toujours conscient des contradictions principales de la société

Être toujours conscients des principales contradictions sociales constitue une base d'importance majeure pour le développement socio-économique de notre pays au cours du XIIIe plan quinquennal.

Ce sont des constats maintes fois avérés et soulignés à nouveau à l'occasion du XVIIIe Congrès national du PCC: nous nous trouvons au stade primaire du socialisme et le resteront pour longtemps, telle est une réalité inchangée; les contradictions majeures restent toujours celle entre les demandes matérielles et culturelles croissantes de notre peuple et la capacité productive relativement en retard de notre société ; le statut du plus grand pays en voie de développement reste tel quel. Nous devons être toujours conscients à tout moment que nous sommes au stade primaire du socialisme et que les réformes et les développements en tout genre doivent se baser sur cette conscience qui est la plus grande vérité de notre pays. Nul doute que ce sont des jugements théoriquement bien fondés. Néanmoins, si l'on fait le bilan de certaines politiques appliquées dans le passé, on a l'impression qu'avec le temps, il s'agit déjà d'une économie de surplus aujourd'hui et que la contradiction majeure s'est transformée en celle entre l'insuffisance de la demande et la surproduction. Une question se pose : s'agit-il au final d'un jugement dévié sur le stade du développement auquel nous nous trouvons ou des perturbations dans l'application ? L'auteur est d'accord avec la deuxième hypothèse.

Parce qu'il est question de la méthodologie ici. Il faut savoir faire la distinction entre les manifestations superficielles et la nature, entre le développement à court terme et celui à long terme. Selon la dialectique matérialiste, les manifestations peuvent être trompeuses et nous devons sonder la réalité en les perçant. Les problèmes survenus au cours du développement économique ne relèvent pas forcément des questions fondamentales à long terme. À partir de ce constat, nous devons avoir à la fois les pieds ancrés dans les sols et un regard porté vers le lointain. En nous aidant de cette méthodologie, nous pourrons comprendre que notre économie peut être influencée à un moment donné par certains facteurs et donner l'impression de la surproduction dans certains secteurs, mais cela ne signifie pas qu'il ne s'agisse d'une économie de surplus et que la surproduction ne soit le résultat des contradictions fondamentales. Car en réalité, c'est le résultat des investissements mal orientés et de la déformation du marché. À long terme, la plus grande contradiction reste celle entre les demandes matérielles et culturelles du peuple et la productivité arriérée qui en constitue le principal volet. Par conséquent, il faut toujours placer l'augmentation de la productivité sociale au cœur de nos préoccupations et nous appuyer sur le développement. Et cela doit être une base dans la projection du développement socio-économique au cours du XIIIe Plan quinquennal.

Comprendre l'insuffisance de la demande et de la consommation d'une manière objective

Si nous admettons que la contradiction majeure de notre société reste celle entre les demandes matérielles et culturelles du peuple et la productivité sociale arriérée, nous devons reconnaître par la suite que l'insuffisance de la demande ne constitue pas le problème majeur du développement social de notre pays.

La demande sociale est composée de demande en investissements, de demande de consommation et d'exportation. Sur le plan de la pratique, il n'existe pas d'insuffisance d'investissement dans notre pays. Par contre, des problèmes se trouvent dans l'orientation des investissements, dans la structure des investissements et dans la rentabilité. L'exportation reste très vivante dans l'ensemble malgré des insuffisances périodiques et des problèmes en ce qui concerne la structure des marchandises exportées et la qualité, et les fluctuations du marché international constituent le majeur facteur d'instabilité, ce qui peut être justifié par les baisses de l'exportation dans les années qui ont suivi la crise financière asiatique en 1997 et la crise financière internationale en 2008.

Ce qui mérite notre attention, c'est l'existence ou non d'une insuffisance de la demande de consommation. La consommation peut être divisée en deux parties : la consommation productive et la consommation individuelle. La première est le synonyme de l'investissement qui ne fait plus l'objet de notre analyse. Nous nous concentrons sur la consommation individuelle. Le taux de la consommation individuelle reste très bas en Chine, et il existe des périodes où l'on assiste à une insuffisance de consommation, un constat soutenu par des données numériques. Et la cause réside dans la politique déraisonnable de la distribution, dans la déformation du marché et du retard des mesures d'aide sociale, par définition, c'est une insuffisance structurelle au lieu d'une économie attaquée par l'insuffisance de consommation. La consommation individuelle est d'une grande importance car elle incarne l'objectif fondamental du développement économique et donne l'impulsion à une augmentation effective de l'économie, donc mérite notre attention. Les solutions résident dans des mesures bien ciblées. Quand il s'agit des problèmes sur la distribution, il faut s'y attaquer en mettant en place des mesures visant à les modifier. Et il faut approfondir la réforme et améliorer les mécanismes concernés quand il ressort au marché ou à l'assurance sociale. Nous devons stimuler la demande de manière prudente.

Depuis des années, nous avons beaucoup assimilé les théories économiques occidentales, y compris la théorie sur l'analyse de la demande et sur la stimulation de la demande, ce qui est nécessaire. Mais il faut savoir que, par rapport aux pays développés de l'Occident, nous avons nos propres particularités en ce qui concerne le stade du développement, le système et les contradictions majeures. Par conséquent, il ne faut pas confondre l'insuffisance structurelle de demande de notre pays avec celle de demande générale des pays occidentaux, il ne faut pas non plus suivre les pays occidentaux en valorisant la consommation prématurée ou la consommation financée par l'endettement. Nous avons plusieurs choix pour résoudre la question de l'insuffisance de demande de notre pays, mais la solution fondamentale réside dans le développement de la productivité qui peut, à son tour, favoriser la consommation.

Il est de toute nécessité que nous maintenions fermement le cap de la nouvelle normalité de notre économie

Actuellement, notre pays est entré dans le stade dit la nouvelle normalité. Afin de maintenir une croissance économique haute et moyenne et d'accélérer la transformation du mode de production et de la restructuration, c'est une tendance majeure pour le développement économique que sa principale force motrice doit dépendre de l'innovation plutôt que de l'augmentation des facteurs de production. L'environnement économique reste assez compliqué à l'échelle mondiale et les opportunités et les défis s'enchevêtrent. La situation actuelle est favorable dans son ensemble pour notre économie et la période importante et pleine d'opportunités stratégiques pour notre développement est toujours présente. À l'intérieur du pays, sont toujours en vigueur les stratégies telles que l'édification intégrale de la société de moyenne aisance, l'approfondissement intégral de la réforme, la promotion intégrale du gouvernement de l'État en vertu de la loi et l'application intégrale d'une discipline rigoureuse dans les rangs du Parti. Par conséquent, la nouvelle normalité doit rester incluse dans le XIIIe Plan quinquennal, et ce qui va changer, ce seront la vitesse accélérée et l'effort intensifié de l'augmentation de la qualité du développement économique, de la restructuration économique et sa promotion par l'innovation par rapport à la fin du XIIe Plan quinquennal.

S'adapter à la nouvelle normalité économique, au cours du XIIIe Plan quinquennal, nous devons suivre de près les courants de la nouvelle normalité pour s'y adapter, la maîtriser et y maintenir la prédominance pour assurer un développement sain de la nouvelle normalité économique. Et la clé principale, c'est d'accorder de l'importance au mode du développement, à la restructuration économique et à la stratégie de développement par l'innovation.

Si nous voulons passer d'une croissance extensive à une croissance intensive, l'importance est de promouvoir le développement simultané de l'industrialisation nouvelle, de l'informatisation, de l'urbanisation et de la modernisation de l'agriculture et cibler notre direction d'attaque principale qui est la restructuration et la mise à niveau de notre économie. Nous devons faire en sorte que la structure économique soit toujours optimisée, que les écarts entre les régions urbaines et rurales se réduisent et que le revenu des habitants occupe une proportion de plus en plus importante dans la répartition nationale des revenus. Pour optimiser la structure économique, un maillon important est d'améliorer la structure industrielle par le biais du marché ou de certaines initiatives comme la fusion-acquisition d'entreprises : il faut réorganiser les fonds existants tout en optimisant les revenus supplémentaires, comprimer les secteurs en surproductivité tout en soutenant avec toutes nos forces l'économie réelle et les industries émergentes ainsi que le secteur des services pour qu'ils jouent pleinement leur rôle d'appui, et promouvoir la montée en gamme des industries traditionnelles. Optimiser la configuration territoriale du développement économique fait partie importante de la restructuration économique. Nous devons parfaire les politiques régionales afin de promouvoir un développement concerté, coopéré et commun entre différentes régions.

Le maintien ferme du cap de la nouvelle normalité de notre économie nous demande de réaliser la transformation d'une économie propulsée par l'augmentation des facteurs de production à celle impulsée par l'innovation, d'augmenter la productivité des facteurs. L'homme reste le facteur le plus vivant dans l'activité d'innovation, par conséquent, il faut adopter des mesures efficaces afin de stimuler l'enthousiasme pour l'innovation. Les entreprises constituant les cellules de l'innovation, nous devons donner plus de soutiens aux entreprises innovantes et aux PME vivantes afin de mettre en valeur la force motrice originale de l'innovation pour que les secteurs traditionnels réalisent leur montée en gamme au plus vite et deviennent ensuite de nouveaux pôles de croissance. L'innovation doit se transformer en productivité pour soutenir la croissance, les fruits de l'innovation en activités des industries.

Harmoniser les rapports entre la qualité, la rentabilité et la vitesse

Il s'agit à la fois d'une vieille question et d'une nouvelle question à laquelle notre XIIIe plan quinquennal doit faire face. Être pleinement conscient des contradictions majeures et de la nouvelle normalité économique ne signifie pas que nous ne voulons plus la croissance, par contre, nous voulons une croissance haute et moyenne correspondant aux nouvelles particularités du nouveau stade, une croissance qui est en harmonie avec la démographie, la ressource et l'environnement, une croissance stable à haute qualité et à haute rentabilité. Il faut clarifier que la croissance sert de base pour le développement économique, sans laquelle ce dernier sera vide de sens et nous ne pourrons résoudre les problèmes au cours de nos progrès et nous perdrons la base sur laquelle nous devrons hisser notre place sur la scène internationale. Retenons ceci : bien que notre pays soit une grande économie du point de vue du volume économique, le PIB par habitant reste devancé par de nombreux pays.

Afin de réaliser une croissance haute et moyenne, nous devons accorder la place centrale à l'amélioration de la qualité et de la rentabilité, mettre pleinement en valeur nos avantages et exploiter notre potentiel, chercher les moteurs de développement. Notre pays possède beaucoup de nouveaux pôles de croissance et renferme un grand potentiel. Par conséquent, il faut aller les chercher pour en faire des appuis importants de la croissance économique dans la nouvelle normalité.

Notre territoire est très étendu, de l'est à l'ouest, le développement économique est sous forme d'étages et varié durant des différentes périodes. C'est à la fois un défi et un avantage dont il faut bien profiter. Il faut favoriser les échanges entre l'Est, le Centre et l'Ouest afin d'assurer une croissance haute et moyenne.

Combiner l'approfondissement des réformes et l'amélioration du niveau de vie de la population

Les réformes constituent la force motrice fondamentale pour assurer un développement socio-économique sain et durable, elle peut également résoudre les contradictions entre la force productive et les rapports de production, entre l'infrastructure économique et la superstructure. Après avoir pris un ensemble de dispositions sur l'approfondissement des réformes au centre, l'essentiel à l'heure actuelle, c'est de les appliquer en accordant de l'importance à la solution des problèmes les plus saillants au cours du développement économique et en augmentant la capacité d'action. Il faut harmoniser davantage les rapports entre le gouvernement et le marché pour que celui-ci joue un rôle décisif dans la distribution des ressources, en même temps, il faut mieux faire valoir les fonctions du gouvernement afin d'établir un nouveau système d'ouverture vers l'extérieur et d'accélérer le développement de nouveaux avantages dans les concurrences sur le marché international.

L'objectif fondamental des réformes est le bien-être du peuple. Le renforcement et l'amélioration du bien-être du peuple doivent être à la fois le point de départ et la fin des réformes. Nous devons bien répondre aux questions chaudes en matière d'éducation, d'emploi, de revenu, de sécurité sociale, de santé et de sécurité alimentaire pour que le fruit des réformes soit partagé par les masses d'une manière plus abondante, plus juste, et plus tangible.

(Auteur : directeur chargé de l'innovation concertée de l'édification économique du socialisme à la chinoise, professeur à l'Université Nankai)