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La Chine est en voie de développement pacifique vers une nation puissante

Publié le:2015-09-22 | Augmenter la taille du texte | Réduire la taille du texte

Par:Li Xiangyang | Source:Le Quotidien du Peuple

Ayant un volume économique classé au deuxième plus grand du monde, la Chine, face à la question de choisir une route vers une nation puissante aux caractéristiques chinoises, est devenue le centre d’attention du monde. Par rapport aux grandes puissances dans l’histoire, la voie de développement pacifique, qui est une route typiquement chinoise vers une nation puissante, est déterminée par la situation de notre pays et l’environnement international. Le choix de prendre la voie de développement pacifique, qui concerne non seulement les relations entre la Chine et les autres grandes puissances surtout celles qui maintiennent les réalisations existantes, mais aussi les relations entre la Chine et ses pays voisins, ainsi que la position de la Chine sur la coopération multilatérale et la coopération régionale, est un projet systématique compliqué. 

Nouveau type de relations entre grandes puissances : issue évitant le « Piège de Thucydide » 

Tout au long de l’histoire du monde occidental, la montée des pays émergents constitue souvent un défi pour les hégémonies existantes qui doivent quant à elles répondre à ce défi. De ce fait, la guerre entre les deux est inévitable. Le résumé de ce phénomène par Thucydide, historien de la Grèce antique, est nommé comme le « Piège de Thucydide ». Avec l’essor de l’économie chinoise, est-ce que la Chine et les États-Unis vont tomber dans le « Piège de Thucydide » ? Cela concerne non seulement le sort de développement futur de ces deux pays, mais aussi la direction de l’évolution de la donne mondiale. 

Pour éviter de tomber dans le « Piège de Thucydide », l’élaboration d’un nouveau type de relations des grandes puissances est un choix inévitable, dont les notions de noyau sont : le non-affrontement, le non-conflit, le respect mutuel et la coopération gagnant-gagnant. Si le non-affrontement et le non-conflit constituent la ligne de fond pour maintenir le nouveau type de relations entre les grandes puissances, le respect mutuel et la coopération gagnant-gagnant sont alors les objectifs à poursuivre des deux côtés. Pour réaliser ces objectifs, les deux parties doivent rechercher et élargir l’espace de coopération et les intérêts croisés. 

L’un des fondements du concept de nouveau type de relations des grandes puissances est le contexte international de la mondialisation et l’interdépendance économiques. Dans l’histoire, le cœur des relations entre les grandes puissances est de se battre pour les colonies et marchés, qui est caractérisé typiquement par une exclusivité. Même pendant la guerre froide, l’objectif de se battre pour les colonies n’existe plus, l’exclusivité n’a pas encore disparu. Le monde oriental et le monde occidental sont non seulement deux marchés mondiaux parallèles, mais aussi deux groupes politiques et militaires adverses ; tout simplement c’est la dissuasion nucléaire qui maintient un équilibre fragile. A l’époque de la mondialisation économique, il n’existe pas une relation de confrontation à tout azimut entre la Chine et le monde occidental dominé par les États-Unis, et les deux côtés sont liés organiquement par le commerce et la chaîne industrielle internationale (chaîne de valeur) formée par la circulation des facteurs de production. Un autre fondement du concept de nouveau type de relations des grandes puissances est l’intégration complète de la Chine dans la mondialisation économique et le système international actuel. Les pratiques de la réforme et l’ouverture depuis plus de 30 ans ont prouvé que cela est conforme aux intérêts de la Chine. 

Le nouveau type de relations des grandes puissances préconisé par la Chine ne se réfère pas seulement aux relations bilatérales sino-américaines, mais signifie un nouvel ensemble des relations des grandes puissances. Parmi elles, il y a les relations existantes avec les pays développés telles que les relations sino-européennes, et celles avec les pays émergents telles que les relations sino-russes, les relations sino-indiennes, etc. Cette multiplicité des nouvelles relations des grandes puissances s’adapte à la tendance de multipolarisation mondiale, rendant les relations entre la Chine et les autres grandes puissances plus équilibrées et plus stables. Sans aucun doute, l’élaboration d’un nouveau type de relations des grandes puissances ne signifie pas qu’il n’existe aucune concurrence ou contradiction entre la Chine et les autres pays, ni que la Chine va renoncer à l’appel d’intérêts sur les ordres et règlements internationaux. Cependant, qu’il s’agisse de la participation à la concurrence ou de la recherche d’intérêts, la Chine va toujours adopter les moyens pacifiques et coopératifs au lieu de la guerre. 

Amitié, sincérité, bénéfice mutuel et inclusivité : pierre angulaire pour stabiliser le milieu environnant 

La stabilité périphérique est d’une importance particulière pour le développement pacifique de la Chine. Tout d’abord, un environnement périphérique paisible et stable est l’une des conditions pour la stabilité intérieure de la Chine. Les pays voisins de la Chine sont d’une diversité multiple au plan politique, économique, social, culturel, historique et religieux, etc. Tant pour maintenir la sécurité traditionnelle que pour garantir la sécurité non-traditionnelle, la stabilité périphérique est toujours une priorité absolue pour la Chine. Ensuite, la Chine a déjà établi des liens économiques étroits avec les pays voisins, ce qui est caractérisé typiquement par une interdépendance de plus en plus étroite au niveau du commerce et des investissements, et une chaîne industrielle internationale asiatique de plus en plus approfondie. Puis, la Chine et ses pays voisins constituent la région la plus dynamique de l’économie mondiale. Pendant une longue période à venir, la vitesse de croissance et le potentiel économique de cette region seront incomparables par rapport aux autres régions, de manière à ce que de plus en plus de gens sont d’accord avec l’idée de « déplacement du centre de gravité économique du monde vers l’Est ». Enfin, dans ce contexte, les grandes puissances mondiales sont en train d’ajuster leurs stratégies asiatiques depuis ces dernières années, par exemple, la stratégie de « Rééquilibrage Asie-Pacifique » des États-Unis, la stratégie d’« Orientation à l’Est » de l’Inde, la « Diplomatie axée sur le concept de valeur » du Japon, etc. En d’autres termes, les grandes puissances s’efforcent d’influencer l’ordre international de cette région. En ce sens, les relations de la Chine avec les pays voisins sont étroitement liées aux relations entre la Chine et les autres grandes puissances. 

Pour répondre aux changements de l’environnement périphérique, en 2013 et en 2014, le président Xi Jinping a proposé successivement et expliqué systématiquement le concept « Amitié, sincérité, bénéfice mutuel et inclusivité » et le nouveau concept de sécurité de l’Asie. Ces deux concepts sont d’une cohérence interne : ce dernier peut être considéré comme une extension naturelle du précédent dans le domaine de la sécurité, et leur objectif commun est de créer un environnement périphérique stable et pacifique. Le concept « Amitié, sincérité, bénéfice mutuel et inclusivité », qui est axé sur l’égalité et la prospérité commune, se distingue du concept de diplomatie périphérique pour la montée des grandes puissances dans l’histoire. Par exemple, les États-Unis avaient adhéré à la « Doctrine de Monroe » au cours de leur montée, et l’isolationnisme incarné par celle-ci exigeait clairement que les pays européens ne puissent pas s’immiscer dans les affaires de l’Amérique. Il s’agissait en fait de transformer le continent américain en arrière-cour et de tailler les sphères d’influence avec les puissances européennes. Pendant la guerre froide, basée sur son idéologie et au nom du camp socialiste, l’Union soviétique avait établi un système périphérique centré sur celle-ci, ce qui était également destiné à tailler les sphères d’influence avec les États-Unis. 

Le concept « Amitié, sincérité, bénéfice mutuel et inclusivité » n’est pas chimérique. En tant que puissance montante, la Chine avec ses pays voisins, non seulement au niveau bilatéral mais aussi de plus en plus au niveau régional, est en train de promouvoir la politique de bon voisinage, de sécurité et de prospérité de voisinage grâce à la fourniture des biens publics. Par exemple, les pays voisins de la Chine sont les bienvenus à bord de l’express de l’économie chinoise, ce qui est une incarnation concrète de l’opinion correcte de justice et de profit. Un autre exemple, l’interconnexion-intercommunication poussée en avant par la construction de « la Ceinture et la Route » peut aider à compenser le grand déficit d’investissements dans les infrastructures de l’Asie ; la coopération économique à tous azimuts préconisée par celle-ci, peut aider à éliminer ou à atténuer les risques de sécurité régionaux comme l’extrémisme islamique, le terrorisme, etc., et en même temps à fournir un nouveau mécanisme pour la coopération économique régionale. 

Ouverture et inclusivité : principes fondamentaux pour promouvoir la coopération régionale et multilatérale 

La promotion de la coopération régionale et multilatérale par les grandes puissances, constitue non seulement un besoin inhérent pour participer à la gouvernance mondiale, mais aussi un moyen pour fournir des biens publics à la communauté internationale. 

Au cours des 10 dernières années, on a constaté un changement majeur dans le domaine de l’économie internationale : le multilatéralisme représenté par l’OMC est en train d’être remplacé par le régionalisme représenté par les zones de libre-échange. Toutes les grandes puissances ont axé leur centre de gravité de la coopération économique étrangère sur le régionalisme, qui est déjà devenu le courant dominant du développement économique international. D’autre part, une majorité écrasante des pays ont reconnu que le multilatéralisme est plus propice au développement de la mondialisation économique par rapport au régionalisme. Quant à la relation entre le multilatéralisme et le régionalisme, la théorie et la pratique de l’intégration économique régionale n’ont pas donné une réponse définitive : le développement du régionalisme constitue une pierre d’achoppement ou un tremplin pour le développement du multilatéralisme ? Le premier signifie que l’exclusivité de la zone de libre-échange pourrait conduire à la formation des petites îles séparées en zones de libre-échange dans le monde entier, ce qui fait obstacle au processus de mondialisation économique ; le dernier signifie que les zones de libre-échange se développeront sans cesse comme boules de neige pour promouvoir le développement approfondi de la mondialisation économique. De ce fait, toutes les zones de libre-échange préconisées par les grandes puissances ont souligné leur rôle de tremplin servant le multilatéralisme plutôt qu’une pierre d’achoppement, par exemple, l’Accord de Partenariat Économique Transpacifique et l’Accord de Partenariat de Commerce et d’Investissement Transatlantique etc. préconisés par les États-Unis. 

La Chine, qui préconise activement le concept de multilatéralisme, adopte le principe d’ouverture et inclusivité pour la participation et la promotion de la coopération économique régionale. Lors du sommet de l’APEC à Beijing en 2014, la Chine a lancé une initiative de réaliser les zones de libre-échange Asie-Pacifiques à travers de nouveaux moyens. La caractéristique marquante de cette initiative est que, dès le début, il s’agit de l’intégration de tous les membres de l’APEC, ce qui est différent de l’Accord de Partenariat Économique Transpacifique des États-Unis, qui a exclu une partie des membres dans la phase initiale. Évidemment, la pratique des États-Unis n’est pas favorable à la promotion du multilatéralisme avec le régionalisme comme tremplin. 

La construction de « la Ceinture et la Route » préconisée par la Chine a mis en oeuvre d’une manière plus approfondie le principe d’ouverture et inclusivité. En tant que mécanisme de la coopération économique régionale de nouveau type, elle a pris l’ancienne route de la soie comme lien de contact mais ne limite pas la participation des autres pays ; basée sur l’interconnexion-intercommunication, elle a fourni les conditions pour la libéralisation de commerce et d’investissement et l’approfondissement de la chaîne industrielle mondiale ; caractérisée par le mécanisme de coopération diversifiée, elle n’a pas choisi un arrangement strictement institutionnalisé comme un obstacle à l’entrée. Dans le cadre de « la Ceinture et la Route », les pays peuvent choisir le mécanisme de coopération correspondant à leurs besoins de développement, sans obligation d’adhérer à un mécanisme institutionnalisé unifié. Cela est évidemment plus adapté à la diversité de développement des pays asiatiques et au long de la route. 

Une communauté de destin : la direction de l’intégration de la Chine dans le monde 

Le rôle actif joué par le processus d’industrialisation dominé par l’Occident sur les progrès de la société humaine est évident pour tous, cependant, il faut noter que ce processus d’industrialisation apporte la richesse à seulement 15% environ de la population du monde. Face à la vague de la promotion d’industrialisation et de la participation à la mondialisation économique des pays en voie de développement qui représentent la plupart de la population du monde, les inconvénients des règles et des arrangements institutionnels existants de mondialisation économique sont de plus en plus visibles. Les appels à la réforme au lieu de renverser l’ordre existant lancés avec la montée collective des économies émergentes représentées par la Chine, sont inévitables et raisonnables. 

En tant que le plus grand pays en voie de développement, la position de la Chine sur l’ordre international actuel au cours du développement pacifique reflète non seulement ses propres appels d’intérêts, mais aussi ceux de nombreux pays en voie de développement. Le noyau de ces appels peut être résumé en communauté d’intérêts, communauté de responsabilités et communauté de destin qui forment un ensemble organique : les intérêts et les responsabilités se complètent mutuellement, sur la base desquels se forme la communauté de destin du développement commun de l’humanité. 

L’élaboration de la communauté d’intérêts, de responsabilités et de destin reflète pleinement les exigences d’un développement pacifique. La Chine est en train de pratiquer cette philosophie au plan des relations avec les grandes puissances, des relations phériphériques, et des coopérations multilatérales et régionales. Ces dernières années, de la « Déclaration conjointe sino-américaine sur le changement climatique » aux négociations sur le changement climatique global, du nouveau concept de sécurité de l’Asie à la « Déclaration sur la conduite des parties en mer de Chine méridionale », du soutien actif aux négociations sur l’Accord de partenariat économique global régional (PEGR) à l’initiative chinoise des zones de libre-échange Asie-Pacifiques, tout cela reflète la notion de communauté d’intérêts, communauté de responsabilités et communauté de destin, surtout les « cinq communications et connexions » ( en matière des politiques, des installations, du commerce, du financement et du peuple) de « la Ceinture et la Route », font preuve de la position de la Chine qui s’engage à bâtir la communauté d’intérêts, la communauté de responsabilités et la communauté de destin. 

L’exploration d’une voie à la chinoise de développement pacifique vers une nation puissante, peut rompre le mode historique d’« hégémonie imposée par les pays forts » et éviter de tomber dans le « Piège de Thucydide ». Cela est non seulement l’aspiration commune de tous les pays du monde, mais aussi dans l’intérêt de la Chine. 

(Auteur : vice-président de la société chinoise de l’économie mondiale)