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La Chine peut accepter et atteindre une croissance annuelle de 6,5% pour 2016-2020 (experts)

Publié le:2015-10-29 | Augmenter la taille du texte | Réduire la taille du texte

Par: | Source:french.xinhuanet.com

BEIJING, 27 octobre (Xinhua) -- Etant donné les pressions menaçantes et les restructurations économiques en cours, un objectif de croissance annuelle inférieur à la moyenne de 6,5% sera acceptable et pourra être atteint par la deuxième plus grande économie du monde dans les cinq prochaines années, selon des analystes.

Chang Xiuze, chercheur à l'université Tsinghua et économiste au sein d'un groupe de réflexion régi par la Commission nationale pour la réforme et le développement de la Chine, a déclaré que les décideurs politiques devraient se fixer comme seuil une croissance annuelle de 6,5% pour la période allant de 2016 à 2020 dans les circonstances économiques actuelles.

"L'économie devra faire face à des pressions à la baisse encore plus élevées, et l'ancien objectif économique fixé à 7% sera plus difficile à atteindre sous un taux de croissance économique à la baisse", a poursuivi M. Chang.

Tan Haojun, chroniqueur financier éminent, a également conseillé aux économistes de placer le seuil à 6,5% pour la croissance économique.

Les dirigeants du Parti Communiste de Chine (PCC) discutent actuellement d'un modèle économique, le 13ème Plan quinquennal, pour la période 2016-2020 à l'occasion de la 5ème session plénière du 18ème Comité Central du PCC. Un objectif de croissance pour le développement économique et social devrait être révélé.

Le précédent plan quinquennal (2011-2015) avait fixé un objectif moyen de croissance annuelle d'environ 7%, qui sera sans aucun doute atteint d'ici la fin de cette année. Entre 2011 et 2014, l'économie a enregistré une croissance annuelle de 8%.

Les économistes pensent que les leaders du Parti abaisseront l'objectif dans le contexte de ralentissement économique et considèreront un taux de croissance inférieur à 7% acceptable pour l'économie.

M. Chang a expliqué que la Chine peut encore créer assez d'emplois avec une croissance économique de 6,5%, et M. Tan pense que le taux de croissance peut permettre au pays de remplir son plan ambitieux qui est de doubler le PIB de 2010 et les revenus des habitants d'ici 2020.

L'économie chinoise a connu une croissance de 6,9% annuellement au troisième trimestre 2015. C'était la première fois que le taux de croissance trimestriel passait en-dessous des 7% depuis le deuxième trimestre 2009.

M. Chang a attribué la croissance plus lente à un changement dans les moteurs économiques, au rétrécissement de la force de travail et au contrôle de la pollution.

A l'en croire, la Chine ne peut plus compter sur les exportations, les investissements et le secteur de la propriété pour soutenir son économie.

Le ralentissement de la reprise mondiale, l'introduction des problèmes des dettes souveraines, la faiblesse de la demande externe et la hausse du protectionnisme commercial défieront les économies basées sur les exportations, alors que les investissements, l'ancienne thérapie économique, baissent et deviennent moins efficaces pour stimuler la croissance. Le secteur de la propriété, malgré un réchauffement, est loin de la reprise.

Un rétrécissement de la population active marquera la fin d'un dividende démographique et pèsera sur l'économie qui ralentit. Le combat mené par la Chine contre la pollution environnementale affectera également l'expansion économique, a ajouté M. Chang.

Tout en reconnaissant les vents contraires, M. Chang est convaincu que la Chine est capable d'atteindre une croissance annuelle de 6,5% au cours des cinq prochaines années.

L'accélération de l'urbanisation de la Chine va favoriser la demande intérieure, a déclaré M. Chang, ajoutant que les citadins représenteront 60% de la population chinoise en 2020, contre 54,77%, niveau de 2014. L'ouverture de l'économie, a-t-il poursuivi, y compris l'initiative "la Ceinture et la Route", la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructure (BAII) et des accords de libre-échange donneront un nouvel élan à l'économie de la Chine.

La réforme globale de la Chine, avec plus d'audace et de résolution, apportera de la vitalité à l'économie, a déclaré M. Chang.

Partageant cet avis, M. Tan estime que les réformes seront cruciales pour ravitailler l'économie, alors que les réformes des entreprises publiques et du secteur financier vont donner une nouvelle poussée à l'économie.

Les attentes d'une croissance plus faible ne signifient pas que l'économie va glisser comme des mesures pro-croissance ont commencé à prendre effet dans de multiples industries, a expliqué M. Tan.

Malgré la faiblesse des industries traditionnelles comme l'acier et le ciment, les industries à forte intensité technologique et les secteurs liés à la consommation et à la protection de l'environnement se trouvent sur la voie rapide. Le secteur de la haute technologie a augmenté de 10,4% au cours des neuf premiers mois de l'année, dépassant la production industrielle générale de la Chine de 4,2 points de pourcentage.

"Une fois que les secteurs émergents et de la haute technologie (...) vont soutenir l'économie et aider à maintenir une croissance de niveau moyen ou élevé", a déclaré M. Tan.

La structure économique de la Chine a également été améliorée avec la montée de l'industrie tertiaire, qui est plus efficace. Dans les trois premiers trimestres de 2015, la valeur ajoutée du secteur des services représentait 51,4% du PIB.

Le gouvernement fait des efforts pour que l'économie soit tirée par le secteur des services, plutôt que les moteurs traditionnels comme la fabrication.

En 2015, le gouvernement chinois a déployé une série de mesures favorables à la croissance, y compris la promotion de l'assouplissement monétaire et l'intensification de la construction des infrastructures.