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Entre pauvres et riches, le fossé se réduit

Publié le:2015-11-09 | Augmenter la taille du texte | Réduire la taille du texte

Par:TANG SHUBIAO | Source:La Chine au présent

Voici la question de Laurence Poutaud, professeur de géographie à Moulins : « On parle souvent des disparités économiques en Chine. On dit qu'il y a un décalage entre ville et campagne. Est-ce vrai et comment cela se manifeste-t-il ? Quelles mesures sont prises pour réduire cet écart ? »

Le fossé entre les riches et les pauvres n'est pas un problème sino-chinois, c'est un problème mondial. Et il l'est autant pour les pays en voie de développement que pour les pays développés. Selon les statistiques, le niveau de disparité économique parmi les pays membres de l'Organisation de Coopération et de Développement économique (OCDE) a atteint un pic ces 30 dernières années : le revenu des 10 % les plus riches est 9,6 fois celui des 10 % les plus pauvres. D'après Joseph Eugene Stiglitz, lauréat du prix Nobel d'économie, aux États-Unis, 1% des Américains les plus fortunés possèdent un quart du revenu américain et 40 % de la richesse du pays.

La Chine ne fait pas exception. 30 ans après le lancement de la politique de la réforme et de l'ouverture, la puissance chinoise en général s'est renforcée considérablement, de sorte que la Chine est devenue la deuxième économie mondiale. Le peuple chinois jouit évidemment du dividende de ce développement et sa qualité de vie s'est beaucoup améliorée. Néanmoins, à cause de problèmes historiques, géographiques, régionaux, sectoriels et liés à l'individu, chacun en profite plus ou moins.

En 2014, le coefficient de Gini se situait à 0,469 en Chine, ce qui signifie un grand écart de revenu. Si l'on prend en compte la propriété immobilière, cet écart est encore plus important.

En Chine il existe des disparités explicites comme la différence de revenu entre les villes et les campagnes, le nombre de biens immobiliers possédés, la qualité de vie etc. Mais il y a aussi les disparités implicites qui sont visibles dans le domaine des services publics tels que l'éducation, les soins médicaux, la sécurité sociale ou l'accès aux infrastructures.

Comment réduire l'écart entre les riches et les pauvres ? Prenons le village de Liang-jiahe dans le Shaanxi pour exemple : ce petit village de l'Ouest de la Chine était autrefois très pauvre. Le président chinois Xi Jinping a travaillé là-bas dans sa jeunesse. Pendant 7 ans, il y a vécu dans des conditions très rudes. Cette année en février, à la veille de la fête du Printemps, Xi Jinping est retourné dans ce village et il a pu se rendre compte combien la vie des villageois s'est améliorée.

Ces dernières années, l'arboriculture s'est développée dans le village et les plantations sont devenues de plus en plus spécialisées. Le revenu annuel net par habitant est aujourd'hui de 9 600 yuans (environ 1600 dollars). Les villageois mangent mieux et ils ont tous l'accès à l'eau potable et à Internet.

L'évolution de Liangjiahe montre que le développement est la seule solution pour résoudre le problème de la pauvreté. Depuis plus de 30 ans, la Chine s'applique à promouvoir la réforme et l'ouverture et à accélérer son développement économique. Le PIB a augmenté considérablement, l'emploi s'est amélioré et le revenu des gens aussi. Le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, est très positif sur cette politique chinoise. Selon lui, la croissance économique favorise effectivement l'emploi et la sortie de la pauvreté. La Chine en est un bon exemple, l'essor économique de la Chine a permis à deux tiers de sa population de sortir de la pauvreté.

Trouver un remède contre l'écart entre les riches et les pauvres est une question mondiale. En septembre, le Sommet du développement de l'ONU a officiellement adopté l'agenda du développement post-2015 et avancé une série d'objectifs. La Chine accorde une grande attention à la coopération internationale sur ce thème.

La province du Guangdong par exemple s'est inspirée de l'expertise de la Banque mondiale dans le domaine de la réduction de la pauvreté et de la réduction de l'écart entre les riches et les pauvres. Elle a utilisé la stratégie dite des « trois piliers » : éradiquer la pauvreté absolue, promouvoir l'égalité des chances et réguler la disparité des salaires. Les résultats obtenus par la province du Guangdong après le lancement de cette nouvelle méthode pour réduire l'écart entre les riches et les pauvres et les villes et les campagnes sont satisfaisants. Le revenu de la population rurale a rapidement augmenté, l'écart de richesse se réduit. Le développement synchronisé entre les différentes parties de la province a donné des résultats visibles. Ce projet de coopération a même été récompensé du Prix du Président et du Prix de la bonne pratique de la Banque mondiale.

La Chine est en train d'essayer différentes politiques pour résoudre le casse-tête de l'écart de richesse : parmi ces politiques ou orientations, la création d'une prospérité commune par l'établissement d'une société de moyenne aisance, la garantie d'une croissance économique annuelle d'environ 7 %, l'aide à l'innovation et à l'entreprenariat sont là pour favoriser et stabiliser l'emploi, revaloriser le salaire minimum, augmenter les salaires et stabiliser les attentes de la population.

Selon le Bureau national des statistiques, le coefficient de Gini pour l'année 2014 a chuté pour la sixième fois d'affilée. La croissance du revenu des habitants ruraux est plus rapide que celle des habitants urbains et l'écart des revenus entre les ménages urbains et ruraux s'est réduit. Tout cela montre que la politique chinoise fonctionne et que le fossé entre les riches et les pauvres est en train de se réduire.

TANG SHUBIAO, rédacteur en chef de La Chine au présent