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Les relations sino-africaines témoignent d'un nouveau type de relations internationales

Publié le:2015-12-01 | Augmenter la taille du texte | Réduire la taille du texte

Par: | Source:french.xinhuanet.com

Le président chinois Xi Jinping effectue une visite d'Etat au Zimbabwe et en Afrique du Sud du 1er au 5 décembre, présidant à cette occasion le Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA) à Johannesburg. On s'attend à ce qu'il discute avec ses homologues africains du "nouveau type de relations internationales" que son pays et le continent peuvent entretenir.

Ces relations sino-africaines sont marquées par la mise en avant d'une coopération pratique mutuellement bénéfique et la construction d'un destin commun de l'humanité. M. Xi devrait d'ailleurs annoncer de nouvelles mesures en faveur de l'aide au développement de l'Afrique.

Ces annonces seront conformes à sa proposition faite en septembre dernier devant l'Assemblée générale des Nations Unies d'augmenter l'aide aux pays africains pour les aider à promouvoir leurs capacités de maintien de paix afin de parvenir à la paix et à la prospérité commune sur le continent.

Rétrospectivement, la relation entre la Chine et l'Afrique est à la fois une pratique stimulante et le paradigme de ce "nouveau type de relations internationales".

NOUVEAU TYPE DE RELATIONS INTERNATIONALES

Le président chinois a en effet appelé à un nouveau type de relation qui met en valeur une coopération internationale gagnant-gagnant lors de son discours pendant le débat annuel de la 70e session de l'Assemblée générale de l'ONU le 28 septembre dernier.

"Nous devons renouveler notre engagement envers les buts et principes de la Charte des Nations Unies, construire un nouveau type de relations internationales mettant en exergue la coopération gagnant-gagnant et créer une communauté de destin de l'humanité", a lancé M. Xi.

Détaillant les moyens de forger un tel type de relations internationales nouvelles, le président chinois a fait une proposition en cinq points.

Il a suggéré, entre autres, que la communauté internationale bâtisse un partenariat dans lequel les pays seraient sur un pied d'égalité, engage des consultations mutuelles et fasse preuve de compréhension mutuelle.

"Nous devons forger un partenariat mondial, au niveau international et régional, adopter une nouvelle approche des relations d'Etat à Etat, où le dialogue l'emporte sur la confrontation, et chercher des partenariats plutôt que des alliances", a noté M. Xi.

Le président chinois a exhorté les grands pays à rejeter le conflit et la confrontation au profit du respect mutuel et de la coopération gagnant-gagnant dans le cadre de leurs relations. Il a également appelé les grands puissances à traiter les petits pays sur un pied d'égalité et à adopter une bonne approche de la justice et des intérêts, où ces derniers s'effaceront devant la première.

M. Xi a aussi appelé à sauvegarder les intérêts des pays en voie de développement dans le monde et promis un soutien financier et des ressources humaines aux pays les moins développés.

"Le vote de la Chine au sein de l'Organisation des Nations Unies ira toujours aux pays en développement", a déclaré le président chinois devant l'Assemblée générale de l'ONU. "Nous soutenons fermement une plus grande représentation et un droit de parole des pays en développement, en particulier les pays africains, dans le système de gouvernance internationale", a-t-il promis.

L'AIDE DE LONGUE DATE DE LA CHINE A L'AFRIQUE

Dans la pratique, la Chine a apporté une grande aide aux pays africains au cours des 60 dernières années, en particulier les pays d'Afrique subsaharienne, confrontés aux plus grandes difficultés en matière de santé, de réduction de la pauvreté et de stabilité sociale.

Quand un touriste vient à Conakry, capitale de la Guinée, l'un des premiers bâtiments qu'il remarquera est un grand bâtiment jaune.

"Le Palais du Peuple. Chine", diront les habitants.

La structure majestueuse, qui a été construite par les Chinois en 1966, est devenue depuis un repère familier de la ville et l'un des modèles de cette aide continue que la Chine apporte à l'Afrique.

Parmi les autres projets notables, on peut citer la célèbre voie ferrée entre la Tanzanie et la Zambie ou encore le Centre de conférences et de bureaux de l'Union africaine à Addis-Abeba (Ethiopie) qui a coûté 200 millions de dollars, sans compter de nombreux stades, bibliothèques et écoles sur tout le continent.

Outre les infrastructures urbaines, la Chine a également offert son aide dans des domaines notamment l'éducation et la santé.

Depuis l'épidémie d'Ebola l'an dernier, la Chine a livré plus de 117 millions de dollars d'aide humanitaire et envoyé des centaines de travailleurs médicaux sur la ligne de front dans une Afrique de l'Ouest frappée par l'épidémie.

En outre, la Chine a également participé activement à des missions de maintien de paix dans des pays africains. Devant l'Assemblée générale de l'ONU, M. Xi a annoncé que son pays allait fournir 100 millions de dollars à l'Union africaine afin qu'elle puisse notamment créer une force de réserve permanente destinée à répondre aux situations d'urgence sur le continent.

Au cours de son séjour en Afrique, le président chinois devrait également annoncer de nouvelles mesures pour aider le continent dans des domaines tels que l'industrialisation, la sécurité alimentaire, la santé publique et la prévention des maladies, a déclaré jeudi dernier le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi.

La coopération mutuelle est entrée dans une nouvelle ère, a assuré M. Wang, appelant les deux parties à combiner les avantages de la Chine, qui jouit d'une expérience en matière de développement et de production, avec ceux de l'Afrique, riche en ressources naturelles et humaines.

RESOUDRE LES PROBLEMES AFRICAINS SELON LES MODALITES LOCALES

Bien que la Chine fournisse une aide importante aux pays africains, elle ne se présente jamais comme leur "patron" et soutient fermement la résolution des problèmes africains par les Africains selon leurs modalités, a ajouté M. Wang.

Les relations amicales entre la Chine et l'Afrique servent d'un parfait paradigme du concept de M. Xi sur "les relations internationales de nouveau type".

Avec la coopération mutuellement avantageuse et le respect réciproque, des résultats significatifs ont été enregistrés ces dernières années.

A l'heure actuelle, la Chine est devenue le plus grand partenaire commercial du continent, avec un volume d'échanges bilatéraux dépassant 300 milliards de dollars en 2015, une hausse drastique par comparaison aux dix milliards de dollars enregistrés en 2000, année de la création du FCSA.

L'engagement de la Chine envers l'Afrique change. Après avoir aidé les pays africains à construire des infrastructures et à fournir une assistance, la Chine a vu s'accroître la présence de ses entreprises dans d'autres secteurs du continent, à savoir l'agriculture, les transports et les biens de consommation courante.

Mais une chose n'a pas changé : la Chine traite toujours ses amis, ainsi qu'elle l'a toujours fait, comme des partenaires égaux dans différents domaines, du commerce aux affaires régionales et internationales.

Les pays africains saluent chaleureusement cette aide chinoise, non pas parce qu'elle est cruciale pour leur développement socio-économique, mais parce qu'elle n'est pas conditionnée à des conditions politiques.

Le professeur Peter Kagwanja, président de l'Institut de politique de l'Afrique, un groupe de réflexion panafricain basé à Nairobi (Kenya), estime que, contrairement aux pays occidentaux, la Chine exerce son influence en Afrique en promouvant le développement et les échanges humains.

Pour M. Kagwanja, il existe un consensus entre la Chine et ses amis africains selon lequel la coopération mutuellement bénéfique et la non-ingérence dans les affaires souveraines d'un pays seront des principes toujours respectés.

"L'idée d'une paix axée sur le développement se manifeste dans la participation croissante de la Chine au maintien de la paix, à la résolution des conflits et à l'intervention humanitaire en Afrique", juge le Pr Kagwanja.