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Nouveaux défis et caractéristiques dans la lutte contre la corruption depuis le XVIIIe Congrès national du PCC

Publié le:2016-06-24 | Augmenter la taille du texte | Réduire la taille du texte

Par:Yang Jinhong | Source:rmlt.com.cn

La lutte contre la corruption dans la construction du socialisme aux caractéristiques chinoises présente de nouvelles particularités.

D'abord, la restriction des pouvoirs et la surveillance sont au cœur de la lutte contre la corruption depuis le XVIIIe Congrès national du Parti communiste chinois (PCC). En effet, depuis le XVIe Congrès national, notre gouvernement procède déjà à la restriction et la coordination des pouvoirs par « la séparations des trois pouvoirs », à savoir les pouvoirs de prise de décision, de surveillance et d'application. L'essence de cette réforme consiste à parvenir à la surveillance et au contrôle des pouvoirs en les équilibrant, afin de prévenir la corruption. Depuis le XVIIIe Congrès national, sur la base de l'expérience de la réforme, les normes et les procédures légales pour l'exercice du pouvoir sont à nouveau renforcées, pour assurer une surveillance et une exécution plus efficaces du pouvoir.

La construction des institutions est aussi au centre de la lutte contre la corruption. Le XVIIIe Congrès national a insisté clairement sur le renforcement du système anti-corruption par un ensemble de méthodes comme la prévention de la corruption. Le gouvernement central a donc mis en place plusieurs mécanismes anti-corruption. Ces derniers ont limité efficacement la corruption au sein du parti et le pouvoir des cadres dirigeants.

La construction du système d'inspection de la discipline est la garantie de la lutte contre la corruption. Après le XVIIIe Congrès national, le gouvernement central a renforcé le rôle de supervision du Comité central pour l'Inspection disciplinaire. Un système de responsabilisation a été également mis en œuvre : le comité du parti porte la responsabilité principale et le comité pour l'inspection disciplinaire assure la responsabilité de surveillance. Un semble de mécanismes, telles que l'accréditation des agents pour l'inspection disciplinaire et la réforme du système de tournée d'inspection anti-corruption par le gouvernement central a été mise en place pour appliquer l'idée centrale de l'enquête par les organismes supérieurs.

Et enfin, la construction de la conduite de sobriété au sein du parti est le support de la lutte contre la corruption. Après le XVIIIe Congrès national, le Comité central du PCC a publié huit dispositions pour la critique et l'autocritique, et mené une série d'activités avec la participation du peuple pour lutter contre la corruption. Ces activités, saluées par la masse, ont permis à tous les cadres dirigeants de réfléchir sur leur propre conduite et apporté de grands changements sur la conduite au sein du parti.

La lutte contre la corruption dans la construction du socialisme aux caractéristiques chinoises est aussi confrontée à de nouveaux défis.

D'abord, les nouveaux médias rendent la lutte contre la corruption par internet considérablement plus difficile. Représenté essentiellement par le blog, le forum, le microblogging et le WeChat, le self média chinois diffuse de l'information instantanée et publique. Par rapport aux médias traditionnels, l'information du self média est plus diversifiée et plus distinctive sur leur point de vue, elle peut être répandue largement sur internet en très peu de temps. Mais un même problème de corruption peut être exposé de manières différentes devant les utilisateurs d'internet. Les nouveaux médias ont donc à la fois des impacts positifs et négatifs sur la lutte contre la corruption. Son impact négatif se résume dans deux aspects. Tout d'abord, certains groupes d'intérêt concernés, ou des utilisateurs d'internet en colère contre l'état actuel de la corruption en Chine, pourraient porter atteinte à certains fonctionnaires par la diffamation malveillante. Ils pourraient également amplifier des problèmes de conduite mineurs, pour protéger leurs propres intérêts ou pour évacuer les émotions négatives au nom de la lutte contre la corruption. Cette situation est due principalement au manque d'une bonne atmosphère de l'opinion publique sur le net et de l'absence d'un mécanisme correspondant. La lutte contre la corruption sur le réseau internet s'écarte donc de la réalité. Ensuite, certains utilisateurs d'internet craignent la vengeance a posteriori et signalent anonymement les cas de corruption sur le réseau. Dans ces cas, le manque de reconnaissance juridique des preuves peut entraver l'enquête menée par les institutions. Cette situation est due à l'absence actuelle de mécanismes de protection juridique pour les informateurs du réseau internet.

Ensuite, les mécanismes institutionnels anti-corruption existants restent à améliorer. Depuis le XVIIIe Congrès national, la nouvelle direction collective centrale avec Xi Jinping comme Secrétaire général a procédé à la construction d'un ensemble de mécanismes institutionnels anti-corruption. Mais beaucoup de problèmes restent à résoudre. Par exemple, en raison de l'influence du dispositif précédent, l'organisation du dispositif anti-corruption actuel de notre pays n'est pas raisonnable. Le gouvernement central et les gouvernements locaux du même niveau n'ont pas une seule organisation anti-corruption., mais plusieurs organisations distinctes attachées au parti au pouvoir, aux systèmes judiciaires et administrais. La répartition du pouvoir et de la responsabilité n'étant pas précise entre ces organisations, il arrive qu'elles aient des fonctions similaires et se rejettent mutuellement la responsabilité en cas de problème. En terme de la stratégie anti-corruption, après le XVIIIe Congrès national, notre gouvernement a établi le Plan de travail 2013-2017 pour la mise en place d'un système solide pour punir et prévenir la corruption comme principe directeur du travail quinquennal anti-corruption. Mais la mis en œuvre du Plan est difficile, car pendant une longue période, la lutte contre la corruption manquait de planification stratégique globale et les problèmes étaient résolus cas par cas. Il faudra donc une planification stratégique globale à long terme et plus scientifique, ainsi qu'un programme spécifique de mise en œuvre.

Par conséquent, nous proposons les recommandations suivantes pour la lutte contre la corruption dans la construction du socialisme aux caractéristiques chinoises.

Premièrement, il faut utiliser les nouveaux médias pour créer un environnement favorable à la lutte contre la corruption sur internet. Le gouvernement chinois peut cibler les deux aspects auparavant analysés de l'impact négatif des nouveaux médias afin de créer un bon environnement. De sorte que les nouveaux médias deviennent un outil facile et efficace pour la lutte contre la corruption. Plus précisément, d'un côté, le gouvernement devrait utiliser les plates-formes du self média, comme le blog, le forum, le microblogging et le wechat, pour publier instantanément les informations anti-corruption. Le gouvernement devrait inviter les utilisateurs d'internet à exprimer sur les plates-formes leur point de vue sur la lutte contre la corruption, échanger activement et positivement avec eux et répondre rapidement à leurs questions. Il faut faire de l'internet une plate-forme d'autorité, officielle et ouverte, afin d'empêcher les actions violentes des groupes d'intérêt et des utilisateurs en colère. Il faudrait également publier en temps opportun les mesures de protection pour les informateurs au nom réel. En un mot, le gouvernement devrait orienter l'opinion publique vers une direction positive, créer une atmosphère favorable à la lutte contre la corruption sur le net et montrer au public l'engagement du parti et du gouvernement à la lutte contre la corruption. Ainsi, sa la crédibilité sera considérablement augmentée et jouera un rôle positif pour consolider le statut du Parti communiste chinois. Et d'un autre côté, il faudrait renforcer la construction du système juridique pour la lutte contre la corruption sur internet. Des sanctions juridiques devront être prises pour les actes de violence sur internet, de sorte que la lutte contre la corruption sur internet soit aux normes, et que son environnement soit amélioré.

Deuxièmement, la construction de la structure politique doit être renforcée, de sorte que les fonctionnaires « n'osent pas », « ne puissent pas » et « ne veuillent pas corrompre ». Depuis le XVIIIe Congrès national, le parti et le pays mènent un combat acharné contre la corruption en punissant sévèrement les cas de corruption pour donner l'avertissement aux autres. Dans ce contexte, certains fonctionnaires corrompus se rassemblent entre eux. Ils élargissent l'échelle de leur organisation et forment des groupes d'intérêts corrompus afin d'obtenir plus d'avantages. Ils publient également des propos à l'encontre de la lutte contre la corruption et tentent de détruire la conviction du combat contre la corruption. Par conséquent, nous devons rester fermes sur notre position, mettre en évidence la réglementation et la discipline strictes au sein du parti et bien informer les cadres de la politique anti-corruption. Dans le même temps, nous devrions innover les mécanismes et adopter la tolérance zéro envers les éléments corrompus, afin de construire progressivement une structure politique où on « n'ose pas », « ne peut pas » et « ne veut pas corrompre ».

Troisièmement, les mécanismes institutionnels anti-corruption doivent être améliorés à partir des trois aspects suivants. D'abord, il faut promouvoir la réforme de l'organisation gouvernementale. Autrement dit, il est préférable de construire les organisations anti-corruption de manière unifiée à partir du gouvernement central jusqu'aux gouvernements locaux. Les organisations centrales et locales sous tutelle du Comité central pour l'Inspection disciplinaire du PCC guideront tout le travail de lutte contre la corruption. Et afin d'éviter la duplication des fonctions, le pouvoir et la responsabilité des organisations judiciaires devraient être redéfinis, de sorte que la responsabilité puisse être claire en cas de problème. Ensuite, il faut mettre l'accent sur la planification stratégique scientifique de la lutte contre la corruption, c'est-à-dire, établir un programme stratégique à long terme sur la base du Plan de travail 2013-2017 pour la mise en place d'un système solide pour punir et prévenir la corruption. Ce programme doit couvrir la période jusqu'au centenaire de la fondation du PCC en la découpant par tranche de cinq ans. Pour chaque période quinquennal, un plan de mise en œuvre spécifique doit être élaboré, étudié et réfléchi, afin de faciliter l'exécution du plan. Et enfin, la construction du système juridique anti-corruption doit être améliorée, sur six niveaux. Le premier consiste à mettre en place un système d'audit complet pour assurer leur autorité juridique. Le deuxième est d'établir un système de protection indépendant pour les organisations anti-corruption, afin que des sanctions juridiques soient prises contre les actes entravant le travail anti-corruption. Le troisième est de mettre en place un système équitable de rémunération et d'avantage pour les fonctionnaires pour encourager leur sobriété. Le quatrième consiste à la l'élaboration d'un système de publication de propriété des fonctionnaires, en particulier pour les cadres dirigeants, afin de prévenir leur corruption. Cinquièmement, il faut mettre en place des mécanismes de protection pour protéger et encourager les informateurs au nom réel. Et dernièrement, il faut améliorer la construction des mécanismes de supervision et de restriction de l'exercice du pouvoir, renforcer la construction de l'information électronique du gouvernement, et utiliser le big data pour rendre les affaires du gouvernement plus transparentes afin de maximiser la supervision.

(Auteur : Directeur adjoint de l'Institut de recherche pour l'enseignement supérieur de l'Ecole normale de Guangxi)