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La Chine doit saisir l’opportunité du développement rapide du commerce mondial des services

Publié le:2017-07-04 | Augmenter la taille du texte | Réduire la taille du texte

Par:Chi Fulin | Source:Quotidien du Peuple Le 15/06/2017

La mondialisation se trouve actuellement à un nouveau carrefour où le commerce des services prend une place de plus en plus importante et donne un nouvel élan à la mondialisation économique. La Chine doit saisir cette opportunité, accélérer le développement de son commerce des services tout en consolidant le commerce de marchandises, réalisant ainsi son objectif de montée en puissance commerciale.

Ces dernières années, le commerce mondial des services connaît une croissance rapide et joue un rôle de plus en plus important dans la promotion du libre-échange mondial. Cette évolution peut être constatée dans trois aspects : D’abord, la croissance du commerce des services est devenue un moteur important de la croissance du commerce mondial. Entre 2005 et 2015, la croissance annuelle moyenne du commerce mondial des services dépasse celle des marchandises de 1,5 point de pourcentage, de plus, 30% du commerce des marchandises a été porté par le commerce des services. Ensuite, la taille et la proportion du commerce des services augmentent rapidement. En 2015, le commerce des services a représenté 23% du commerce mondial. A l’heure actuelle, la valeur ajoutée du commerce des services représente environ 50% du commerce mondial. Enfin, le commerce des services a encore un énorme potentiel de développement. En effet, 70% du PIB mondial est attribuable à l’économie des services. La proportion du commerce des services par rapport au commerce mondial peut donc beaucoup augmenter, notamment grâce au développement de l’économie des services dans les marchés émergents. 

Le commerce des services commence à jouer un rôle clé pour la promotion du libre-échange mondial, le centre des règles du commerce et de l’investissement mondial, qui est habituellement sur le commerce des marchandises, est en train de se déplacer vers le commerce des services. En d’autres termes, le niveau de libéralisation et de facilitation du commerce des services déterminera, dans une certaine mesure, les processus et les modèles du libre-échange mondial et régional. En effet, le commerce des services constitue une partie de plus en plus importante des négociations commerciales et accords d’investissement bilatéraux et multilatéraux. Par exemple, que ce soit dans le partenariat économique régional global (RCEP), dans les négociations multilatérales sur le libre-échange comme la zone de libre-échange trilatérale (Chine – Japon – Corée du Sud), ou dans les négociations bilatérales sur l’investissement Chine – Etats-Unis ou Chine- UE, une partie considérable des négociations portent sur le commerce des services. En outre, la question de l’accès au marché des services est au centre de nombreuses négociations sur le commerce et l’investissement. Le processus de libre-échange mondial dépend donc de plus en plus du commerce des services. La réglementation sur le commerce et l’investissement des services, les barrières non tarifaires et l’ouverture du marché des services deviennent progressivement le centre des préoccupations pour le libre-échange. L’ouverture du marché des services aura un impact direct sur l’investissement mondial ainsi que le processus du libre-échange bilatéral et multilatéral. Le commerce des services prend également une place de plus en plus importante la création de nouvelles règles sur le commerce et l’investissement mondial. 

La Chine est un pays important non seulement dans le commerce mondial des marchandises, mais aussi dans le commerce mondial des services et en est aujourd’hui un des premiers moteurs. De 2010 à 2015, le taux de croissance annuel moyen des importations et exportations de services de la Chine s’est élevé à plus de 15%. Cette croissance peut encore accélérer et permettra d’améliorer le niveau et la qualité du développement économique de la Chine tout en dirigeant un nouveau cycle de mondialisation. En effet, la modernisation de la consommation et l’ajustement de la structurelle industrielle que la Chine est en train de mettre en œuvre peuvent libérer de la demande considérable pour le commerce des services. Selon les estimations prudentes, le commerce total des services de la Chine pourrait atteindre au moins 1.000 milliards de dollars d’ici 2020 et représenter environ 10% du commerce mondial des services. D’ici 2030, la Chine deviendrait le plus grand pays d’importation de services du monde, donnant ainsi une force motrice au processus de libre-échange mondial.  

Cependant, il faut rappeler que la Chine n’est pas encore un pays fort dans le commerce des services. Malgré une croissance rapide du commerce des services en Chine, son niveau de développement n’est pas élevé, la compétitivité globale de l’exportation des services reste faible et le déficit commercial des services est encore relativement important. Le secteur des services est le domaine faible de l’ouverture de la Chine et le commerce des services est le maillon faible du commerce extérieur du pays. Nous devons donc suivre et saisir pleinement l’opportunité du développement rapide du commerce mondial des services, afin de promouvoir une restructuration de l’ouverture de la Chine en mettant l’accent sur le commerce des services. Il faudrait augmenter le niveau de développement du secteur des services en suivant l’exemple des pays avancés, lui donner de la priorité dans la construction de « la Ceinture et la Route », afin de créer des réseaux de libre-échange de niveaux et formes différents. Les zones de libre-échange intérieures devraient être transformées en mettant l’accent sur le commerce des services, faisant ainsi un exemple pour l’ouverture du marché des services. D’ailleurs, il est également important d’améliorer les politiques sur le secteur des services, notamment sur le tourisme, la santé, la culture et l’enseignement professionnel, afin de faire du commerce des services le nouveau moteur de la transformation et modernisation de l’économie chinoise. 

L'auteur est Président de l'Institut chinois pour la Réforme et le Développement (CIRD)