Commentaires

L’économie chinoise maintient la tendance à l’amélioration

Publié le:2017-08-04 | Augmenter la taille du texte | Réduire la taille du texte

Par:Ma Xiaohe, Du Feilun | Source:Quotidien du Peuple Le 13 juillet 2017

Depuis 2017, sous la direction du nouveau concept de développement, l’ensemble des gouvernements locaux et services de la Chine adhère à la tonalité générale de « progrès dans la stabilité », s’adapte activement à la « nouvelle normalité économique » pour la saisir et la diriger. En tant que ligne directrice du développement, la réforme structurelle du côté de l’offre a été avancée avec une expansion modérée de la demande globale. Les nouvelles forces motrices de croissance se développent à grande vitesse. Les principaux indicateurs de l’économie chinoise affichent des changements positifs, l’économie nationale poursuit la tendance à la stabilité depuis la deuxième moitié de l’année 2016, la performance macro-économique de la Chine continue de s’améliorer. 

L’indice de prospérité économique progresse, l’économie chinoise gagne de la qualité et de l’efficacité.  

 Du point de vue macroéconomique à court terme, les variables rapides et les indicateurs avancés, y compris les commandes, les prix, les stocks des entreprises et les investissements, montrent que le marché devrait améliorer, l’indice de prospérité économique est en hausse. A moyen et long terme, les facteurs favorables à un développement économique sain et stable, comme l’optimisation de la structure industrielle et la modernisation de la structure de consommation, envoient également des signaux positifs.   

Les indicateurs économiques à court terme montrent une amélioration du climat économique en Chine. D’après les indicateurs avancés, la production manufacturière affiche une tendance à l’expansion, le secteur des services maintient une croissance rapide. En juin 2017, l’indice des directeurs d’achat (PMI) manufacturier de la Chine s’est maintenu au-dessus du seuil d’expansion de 50 pour le 11e mois consécutif. L’approvisionnement en matières premières s’accélère dans le secteur manufacturier, les entreprises sont plus prêtes à réapprovisionner leurs stocks, la production est donc plus active. Quant au secteur non-manufacturier, le PMI est resté dans la zone d’expansion pour s’établir à plus de 54% pendant 9 mois consécutifs. En particulier, un grand nombre de domaines, y compris le transport aérien, les services postaux, les télécommunications, la radio, la télévision, les services de transmission par satellite, l’Internet, les logiciels, les services de technologies de l’information et les services financiers, ont réalisé un PMI relativement élevé, le volume d’activités dans ces secteurs est en pleine croissance. D’après les indicateurs de volume, la consommation d’électricité et la quantité de fret augmentent aussi de façon significative. En effet, pour la période de janvier à mai, le taux de croissance de la consommation d’électricité a progressé de 6 points de pourcentage sur un an dans le secteur industriel et le volume du fret ferroviaire a augmenté de 15,2%, montrant des signes évidents de reprise économique. 

Les indicateurs cycliques envoient également un message positif des tendances économiques. D’abord, le réglage du cycle de production est globalement terminé. L’expérience internationale montre que la tendance à la baisse unilatérale dure au maximum 7 ans dans un cycle de production. Le ralentissement de la production chinoise ayant commencé en 2010, la Chine s’approche aujourd’hui de la fin de ce cycle et cela est confirmé par le fait que les entreprises chinoises réapprovisionnent activement leurs stocks depuis cette année. Ensuite, l’indice des prix à la production (IPP) industrielle évolue de façon très positive. En tant qu’un élément clé du marché, les prix varient souvent plus rapidement que la production. Grâce à la hausse globale des prix internationaux de produits primaires, les prix du charbon, de l’acier, des produits pétrochimiques et des métaux non ferreux augmentent tour à tour en Chine. Après être revenu à la hausse en septembre 2016, l’IPP affiche aujourd’hui une tendance positive en Chine, ce qui entraîne l’expansion de la demande industrielle. Enfin, l’efficacité économique des entreprises s’est nettement améliorée. La production et l’exploitation des entreprises sont meilleures, les chiffres d’affaires et bénéfices issus de l’activité principale maintiennent une croissance rapide. Au cours des cinq premiers mois de l’année, les bénéfices des entreprises industrielles chinoises (supérieures à la taille désignée) ont progressé de 22,7% pour atteindre son plus haut niveau depuis 2012 sur les mêmes périodes de l’année.  

L’économie chinoise tend à se stabiliser et à s’améliorer grâce à de nombreux facteurs d’appui.     

A moyen et long terme, la Chine se trouve actuellement à une phase de croissance moyenne de longue durée et se dirige du revenu intermédiaire vers un pays à revenu élevé. Son développement économique dispose d’une base solide, d’un potentiel considérable et d’une large marge de manœuvre. A l’heure actuelle, de nombreux facteurs appuient le fonctionnement économique de la Chine.  

En premier lieu, les acteurs microéconomiques devraient afficher une nouvelle vitalité. Avec la mise en œuvre de la réforme visant à « simplifier les procédures, décentraliser les pouvoirs, renforcer la supervision et optimiser les services publics », l’environnement d’accès au marché est amélioré, de nouvelles relations s’établissent entre le monde politique et le monde des affaires, promouvant efficacement l’esprit d’entreprise et d’innovation au sein de la population chinoise. Le nombre d’acteurs sur le marché ne cesse de croître à grande vitesse. En 2016, 16,51 millions de nouveaux acteurs du marché ont été enregistrés en Chine, soit une augmentation de 11% ; 5,5 millions de nouvelles entreprises ont été créées, soit une moyenne quotidienne de 15.000 entreprises. Aujourd’hui, la Chine se situe au premier rang mondial en termes de nombre d’acteurs sur le marché, ses entrepreneurs sont déjà plus nombreux que la population de l’Allemagne et elle compte plus d’acteurs du marché que la totalité des marchés américain, européen et japonais. Grâce à la nouvelle vitalité de ses acteurs microéconomiques, la Chine a réalisé d’importants progrès en matière de développement axé sur l’innovation. L’année dernière, le nombre de brevets d’invention chinois a dépassé 1 million, les grandes réalisations scientifiques et technologiques ont été également nombreuses, comme le superordinateur avec des puces développées en Chine. 

En deuxième lieu, les nouvelles industries, produits et modèles économiques se développent à toute allure. En mai, l’industrie de haute technologie et l’industrie de fabrication de l’équipement ont toutes les deux enregistré un taux de croissance de la valeur ajoutée supérieur à la croissance moyenne des entreprises industrielles, à savoir 11,3% et 10,3% respectivement. La production des nouveaux produits, tels que les SUV, les véhicules à énergies nouvelle, les robots industriels, les circuits intégrés et les TV connectées, est en pleine croissance en Chine. Les nouveaux modèles économiques sont également en plein essor. La nouvelle génération de technologies de l’Internet, représentée par le Big Data, s’intègre rapidement dans les différents domaines économique et social, elle a porté un impact majeur sur les moyens de production et de distribution, donnant ainsi une nouvelle vitalité au développement économique et social de la Chine. Au cours des cinq premiers mois de l’année, les ventes au détail en ligne ont augmenté de 32,5% sur un an, contre 10,3% pour les ventes au détail de biens de consommation. Les services, notamment le vélo partagé, la réservation en ligne de voitures, la livraison express des repas, la santé en ligne et l’enseignement à distance, maintiennent aussi une forte croissance. 

En troisième lieu, la demande intérieure joue un rôle de plus en plus important dans la croissance économique de la Chine. Au premier trimestre, 95,8% de la croissance chinoise est attribuable à la consommation finale et à la formation de capital. D’une part, la consommation s’agrandit et la structure de la consommation se modernise. La demande augmente dans le secteur des services, tels que le tourisme, la santé, les soins et les services ménagers. Le potentiel de la consommation liée au logement et au transport, comme les meubles et décoration, les voitures, se libère progressivement. Le marché chinois de ventes au détail est désormais le deuxième plus grand du monde. Avec un taux de croissance supérieur à 10%, la consommation a une place de plus en plus importante dans la croissance chinoise. D’autre part, la politique de renforcement des maillons faibles par investissement rapporte ses premiers fruits. Pour la période de janvier à mai, 3,9 points de pourcentage de la croissance de l’investissement en capital fixe sont entraînés par l’investissement dans les infrastructures, qui a représenté 45,6% de la totalité des investissements. En particulier, l’investissement a connu une croissance tangible dans plusieurs domaines et maillons faibles, y compris la protection écologique et la gestion environnementale, la gestion des infrastructures publiques, le transport routier et la gestion des eaux, ce qui renforce considérablement le potentiel du développement économique chinois.  

En quatrième lieu, la politique de l’ouverture crée des conditions favorables au développement économique de la Chine. La construction de « la Ceinture et la Route » avance à grands pas, les projets de coopération obtiennent des résultats meilleurs que prévu. La coopération économique et commerciale entre la Chine et les pays situés le long de « la Ceinture et la Route » s’intensifie, et les investissements bilatéraux maintiennent un niveau élevé. En 2016, les investissements étrangers ont augmenté de 2,3% en Chine par rapport à l’année précédente pour atteindre 139 milliards de dollars, au troisième rang dans le monde, alors que les flux mondiaux d’investissements directs étrangers (IDE) ont baissé de 13%. Au cours des quatre premiers mois de cette année, les montants des nouveaux contrats signés entre les entreprises chinoises et les pays participants de « la Ceinture et la Route » se sont élevés à 31,85 milliards de dollars, les chiffres d’affaires réalisés ont atteint 18,95 milliards de dollars et les investissements directs non financiers ont été de 3,98 milliards de dollars. La coopération internationale dans la capacité de production se met progressivement en œuvre, plusieurs projets de grande envergure sont réalisés avec succès, exportant ainsi des équipements, technologies, normes et services chinois.  

La Chine doit accorder une grande importance aux contradictions et aux problèmes qui existent dans son développement économique. 

A l’heure actuelle, les problèmes structurels profonds, accumulés depuis des décennies, sont toujours présents dans le développement économique de la Chine et les risques potentiels continuent de s’accumuler dans certains domaines. Il est indispensable de bien comprendre et d’attacher une grande importance à ces problèmes pour maintenir un développement économique stable et sain. 

D’abord, les incertitudes externes peuvent toujours impacter l’économie chinoise. Bien que le FMI, la Banque mondiale et d’autres institutions internationales aient prédit une accélération de la croissance mondiale pour 2017, l’économie mondiale est encore en phase d’ajustement après la crise financière internationale, la reprise économique reste modérée, les changements de politiques des grandes économies du monde peuvent engendrer des perturbations et affecter la stabilité de l’économie chinoise. 

Ensuite, l’économie réelle chinoise doit encore faire face à de nombreuses difficultés, notamment l’augmentation des coûts, le financement difficile et coûteux ainsi que la faible rentabilité. Les entreprises ressentent une grande pression dans leur exploitation, car les coûts de transaction externes, notamment certaines taxes, n’ont pas diminué, auxquels s’ajoutent les coûts de capital, de terre, d’énergie, de protection de l’environnement, de logistique, de main-d’œuvre ainsi que des frais de gestion interne. Le financement reste difficile et coûteux. Dans certaines entreprises, les créances augmentent, la période de récupération s’allonge et les flux de trésorerie sont en difficulté. Les banques prennent globalement plus conscience des risques et sont de plus en plus prudentes sur les prêts, ce qui complique davantage le financement des micro-entreprises. Quant à la rentabilité de l’économie réelle, elle reste faible. Attirées par une marge bénéficiaire plus importante, certaines entreprises manufacturières s’orientent vers l’immobilier et le secteur financier pour alléger les difficultés financières qu’elles rencontrent dans leur activité principale, ce qui est peu propice à la modernisation industrielle et au développement économique sain et stable. 

Enfin, les risques potentiels économiques et financiers ne peuvent être oubliés. Actuellement, les risques systémiques sont globalement contrôlables en Chine, mais le pays doit rester très vigilant vis-à-vis des risques engendrés par les actifs non performants, les défaillances des obligations, la finance fantôme et la finance sur Internet. Dans le secteur financier, le taux de créances douteuses dans les banques commerciales ne cesse d’augmenter, les défaillances des obligations d’entreprises sont de plus en plus fréquentes, le renminbi maintient difficilement un taux de change stable, les risques bancaires, les risques liés aux crédits et les risques de fuite des capitaux sont aussi à prendre en considération. Dans le domaine budgétaire, les recettes locales connaissent des baisses significatives et le déséquilibre budgétaire se ressent de plus en plus. Quant au secteur immobilier, la hausse des prix immobiliers est très importante dans les villes chinoises de premier et deuxième rangs, ce qui accélère la formation de bulles d’actifs, et les villes chinoises de troisième et quatrième rangs peinent toujours à réduire le stock immobilier excessif.    

La Chine devrait transformer son potentiel de croissance économique en croissance réelle. 

Dans l’ensemble, la tendance à la stabilité de l’économie chinoise se confirme, la confiance et l’initiative des différents acteurs dans le travail économique et l’entreprenariat se renforcent grâce à l’amélioration des attentes du marché. Cela permet d’éliminer plus rapidement les divers risques et résoudre les déséquilibres structurels majeurs. La Chine pourrait maintenir sa croissance annuelle à un niveau moyen. A présent, il faut accélérer la mise en œuvre des idées élaborées pendant la Conférence centrale sur travail économique et des dispositions du Rapport d’activité du gouvernement, avancer en profondeur la réforme structurelle du côté de l’offre, accélérer la transition entre les forces motrices de croissance anciennes et nouvelles, ainsi que l’optimisation de la structure économique, afin de transformer le potentiel économique en croissance réelle, promouvant ainsi un développement économique stable et sain. 

La réforme structurelle du côté de l’offre doit être approfondie, les avantages concurrentiels de l’économie réelle doivent être renforcés. Il est important de trouver une solution au problème de surproduction des industries traditionnelles, réduire de manière tangible les coûts des entreprises, ouvrir les canaux pour la circulation de fonds vers l’économie réelle, accélérer la réforme visant à « simplifier les procédures, décentraliser les pouvoirs, renforcer la supervision et optimiser les services publics » ainsi que la réforme des entreprises publiques, afin de soutenir l’innovation et le développement de l’économie réelle par un environnement propice aux affaires.  

Les politiques doivent rester stables pour promouvoir une croissance équilibrée de l’offre et de la demande. La demande effective peut être augmentée de façon constante, le gouvernement devrait investir davantage dans les domaines de faible croissance, des mécanismes institutionnels doivent être innovés pour encourager l’investissement privé. La structure de la consommation doit être modernisée par les consommations émergentes afin de libérer le potentiel de croissance de la consommation. Pour l’exportation, il faut cultiver activement de nouvelles sources de croissance et de nouveaux avantages concurrentiels. 

La prévention des risques doit être renforcée pour parvenir à un développement sain du marché. En d’autres termes, il faut renforcer le suivi et l’alerte des risques, la prévention et le contrôle conjoints des marchés, prévenir « la contamination croisée » des risques entre les marchés qui peut induire un risque systémique. Les attentes doivent être stabilisées sur le marché immobilier, le risque de volatilité du marché boursier ainsi que le risque de défaillance du marché obligataire doivent être contrôlés.  

 L’emploi doit être stabilisé, les revenus des habitants doivent être augmentés, la qualité de vie et la protection sociale doivent être améliorées. La Chine devrait déployer ses efforts pour résoudre les problèmes structurels de l’emploi ainsi que les facteurs incertains qui ont un impact sur la croissance des revenus de la population. Elle devrait continuer à mettre en œuvre la réforme du système d’impôt sur le revenu, mener à bien la politique de réduction de la pauvreté ciblée, consolider les bases de l’emploi, augmenter les revenus de la population par des moyens diversifiés, assurer les conditions de vie de base de la population, améliorer leur qualité de vie et bien-être, afin de créer une société harmonieuse et stable.   

(L’auteur travaille à l’Académie de recherche macroéconomique de Chine.)