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L’inévitabilité historique et la valeur pratique de la réforme et de l’ouverture

Publié le:2018-09-29 | Augmenter la taille du texte | Réduire la taille du texte

Par:Liu Tongfang | Source:Quotidien Guangming (le 13 août 2018)

  La troisième session plénière du XIe Comité central du Parti communiste chinois (PCC), tenue en 1978, a marqué un tournant historique important, passant d’une ligne directrice d’axer tout le travail sur la lutte de classes à une orientation de concentrer ses efforts à la construction économique, ouvrant une nouvelle période historique de réforme et d’ouverture. Au cours de ces 40 dernières années, la grande « seconde révolution » de la réforme et de l’ouverture a non seulement changé le sort de la Chine contemporaine, mais a également affecté le développement de l’histoire mondiale. En réfléchissant sur le passé à la lumière du présent et envisageant l’avenir au départ de la nouvelle ère, il nous faut comprendre profondément l’inévitabilité historique et la valeur pratique de la réforme et de l’ouverture afin de raffermir la détermination à poursuivre cette politique et de mener cette grande cause jusqu’au bout.

         Inévitabilité historique de la réforme et d’ouverture

  La politique de réforme et d’ouverture est une mesure clé pour déterminer le développement de la Chine contemporaine. La mise en œuvre de la réforme et de l’ouverture, une décision scientifique faite par PCC en examinant la tendance générale du développement du pays et du monde, en résumant l’expérience et les leçons dans la construction socialiste et en découvrant les lois internes dans ce processus, a une profonde inévitabilité historique.

  La mise en œuvre de la réforme et d’ouverture est dictée par les exigences de respecter la loi du développement historique et d’atténuer les contradictions sociales. Selon le marxisme, la contradiction fondamentale entre les forces productives et les rapports de production, qui est la force motrice du développement social, accompagne tout le processus de l’histoire. C’est une loi objective : les forces productives déterminent les rapports de production et les derniers doivent s’accorder avec les demandes des premières. Le camarade Mao Zedong a bien indiqué : « les contradictions essentielles à l’intérieur de la société socialiste, c’est encore celles entre les rapports de production et les forces productives, celles entre la superstructure et l’infrastructure économique ». Cela signifie que la société socialiste doit également respecter la loi objective du développement historique et régler les contradictions entre les forces productives et les rapports de production. Les contradictions entre les deux dans la phase primaire du socialisme apparaissaient avant la mise en œuvre de la réforme et de l’ouverture dans les forces productives entravées par le régime d’économie planifiée. La mise en œuvre de la réforme et de l’ouverture constituait un ajustement audacieux et un changement majeur en matière de rapports de production socialistes opérés par les communistes chinois sur la base de la compréhension des contradictions fondamentales de la société. La création de l’économie socialiste de marché était nécessaire pour éliminer les rapports de productions qui ne se conformaient pas aux forces productives, pour valoriser le potentiel de développement, pour libérer et développer les forces productives socialistes.

  La mise en œuvre de la réforme et d’ouverture est dictée par les exigences de répondre aux aspirations du peuple, de consolider et de développer le socialisme. Au VIIIe Congrès national du PCC, le Parti a jugé que les contradictions principales du pays auxquelles nous faisions face alors étaient celle entre les demandes de la population pour la création d’un pays industriel avancé et la réalité d’un pays agricole arriéré, celle entre le besoin du peuple pour un développement rapide économique et culturel et le fait que l’économie et la culture actuelles ne pourraient pas satisfaire aux besoins de la population. Donc le Parti a établi une tâche centrale qui était de concentrer nos efforts pour transformer notre pays d’un pays agricole arriéré en pays industriel avancé. Cependant, en raison d’erreurs de jugement sur la situation de la lutte des classes en Chine à cette époque, l’édification socialiste s’est pendant un temps écarté de la ligne principale à savoir le développement des forces productives. L’amélioration des conditions de vie et l’élévation du niveau de vie devenant une aspiration commune du peuple chinois, des voix du peuple s’est élevées de plus en plus fortes en faveur de la réforme. La troisième session plénière du XIe Congrès national du PCC qui s’est tenue dans un tel contexte devait dissiper la confusion concernant les idées directrices, mais aussi établir un programme de développement scientifique. Le camarade Deng Xiaoping a particulièrement souligné : « si nous ne mettons pas en œuvre la réforme maintenant, notre cause de modernisation et notre cause socialiste seront ruinées », « sans une adhésion au socialisme, sans la réforme et l’ouverture, sans le développement économique, sans l’amélioration de la vie du peuple, on n’a qu’une impasse ». La réforme et l’ouverture constituaient un enjeu majeur pour le soutien populaire, une question importante de vie ou de mort pour notre Parti et la Chine socialiste. Ainsi, la mise en œuvre de la réforme et de l’ouverture est devenue un choix clé pour sauver le PCC et la cause du socialisme chinois.

  La mise en œuvre de la réforme et d’ouverture est dictée par les exigences d’avancer avec notre temps. Dans les années 60 du XXe siècle, en s’appuyant sur la troisième révolution scientifique et technologique et sur la mondialisation économique, les pays capitalistes occidentaux et les pays voisins de la Chine se sont développés rapidement. Lorsque d’autres pays faisaient de grands progrès, la construction économique chinoise n’a pas du tout avancé. La construction socialiste, isolée du monde extérieur à cause de refus de techniques et expériences avancées des pays capitalistes, a raté une époque d’or du développement économique et restait pendant longtemps stagnante. La morosité économique chinoise étant en contraste avec l’essor vigoureux d’autres économies, la Chine a pris beaucoup de retard par rapport à l’époque. Cela a prouvé qu’il était sans issue de travailler à huis clos et que le développement de la Chine ne pouvait pas être séparé du monde. Si le socialisme voulait obtenir des avantages concurrentiels en comparaison avec le capitalisme et si la Chine voulait avancer avec son temps, on n’avait pas d’autre choix que la mise en œuvre de la réforme et de l’ouverture pour étudier et assimiler sans pusillanimité les technologies scientifiques avancées qui ont été mises au point dans les pays capitalistes, ainsi que des acquis de toutes les civilisations du monde, fournissant une source de motivation inépuisable pour le développement de la cause du socialisme.

         L’approfondissement global de la réforme et de l’ouverture est une exigence inévitable de la nouvelle ère

  Selon le rapport du XIXe Congrès national du PCC, le socialisme à la chinoise, après avoir parcouru un long chemin, est entré dans une nouvelle ère, et au cours de son développement, un nouvel horizon historique s’est ouvert à notre pays. Cette nouvelle ère est une phase pour remporter la victoire décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance, pour mener à terme la construction complète d’un grand pays socialiste moderne et pour accomplir la mission historique du grand renouveau de la nation chinoise. Donc, approfondir la réforme et l’ouverture dans un tel contexte, il est dicté par les exigences de résoudre les contradictions majeures sociales de la nouvelle ère, d’assumer la mission historique de cette ère et de promouvoir la paix et le développement dans le monde.

  L’approfondissement global de la réforme et de l’ouverture est dicté par les exigences de résoudre les problèmes actuels en termes de réforme et d’entreprendre la mission historique de la nouvelle ère. Dans cette nouvelle ère, notre Parti assume la grande mission historique de remporter la victoire décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance et d’un grand pays socialiste moderne et de réaliser le grand renouveau de la nation chinoise. Le secrétaire général du Comité central du PCC Xi Jinping a indiqué que pour réaliser le grand renouveau de la nation chinoise, il fallait suivre le courant de l’époque, répondre aux attentes du peuple, et pratiquer courageusement la réforme et l’ouverture sur l’extérieur, de façon à donner une grande force motrice à la progression irrésistible de la cause du Parti et du peuple. Dans les nouvelles conditions historiques, nous sommes confrontés au véritable problème, à savoir la réforme, pour assumer cette mission. A l’heure actuelle, la réforme de la Chine est entrée dans « la zone en eau profonde », ou bien dans une phase de défis majeurs, où il ne nous reste que des problèmes chroniques et particulièrement épineux. Le problème du développement doit être résolu par le développement et le problème de la réforme ne peut être résolu que par la réforme. La réforme actuelle est sans aucun doute une bataille décisive que le plus brave emportera. Nous devons mener la réforme jusqu’au bout avec une résolution de fer et une détermination à toute épreuve afin de sortir de « la zone en eau profonde » et d’accomplir la mission historique que notre époque nous a assignée.

  L’approfondissement global de la réforme et de l’ouverture est dicté par les exigences de promouvoir la paix et le développement dans le monde et de construire une communauté de destin pour l’humanité. L’échiquier international actuel est en train de subir de profonds changements : l’aggravation des écarts entre le Nord et le Sud ; le déséquilibre économique mondial ; la remontée du protectionnisme, de l’isolationnisme et du populisme ; l’intensification des conflits régionaux ; le chevauchement des problèmes de sécurité classiques et non classiques. Il nous faut abandonner résolument la mentalité de la guerre froide et l’affrontement à somme non nulle. Des voix s’élèvent de plus en plus fortes en faveur la coopération, le gagnant-gagnant, le développement commun et la construction d’une communauté de destin pour l’humanité. Au début de la mise en œuvre de la réforme et de l’ouverture, nous avons souligné que le développement de la Chine ne pouvait pas être séparé du monde mais aujourd’hui, dans la nouvelle ère, nous devons réaliser que le développement du monde est aussi étroitement lié à la Chine. Ces quatre dernières décennies, la Chine, avec un essor économique, s’est attachée toujours à la paix, à la stabilité et à un développement partagé, devenant ainsi un nouveau moteur de la croissance économique mondial et un pilier principal du maintien de la paix du monde. Face à la situation internationale tellement complexe, la Chine doit s’efforcer de créer un environnement international pacifique pour mieux se développer, et d’autre part, approfondir d’une manière poussée la réforme et l’ouverture de sorte à maintenir et à promouvoir la paix mondiale, pour jouer un rôle plus important dans le maintien de la paix et le développement du monde.

         Comprendre profondément la valeur pratique de la réforme et de l’ouverture

  Les résultats de la réforme et de l’ouverture démontrent sans conteste que ce n’est que la réforme et l’ouverture qui peuvent développer la Chine, le socialisme et le marxisme. L’œuvre monumentale engagée en application de la politique de réforme et d’ouverture qui a changé d’une manière approfondie la physionomie de la société chinoise et la mentalité des Chinois, a ouvert la voie originale d’un socialisme à la chinoise et a mis en place un système théorique typiquement chinois du socialisme, créant ainsi une immense valeur pratique.

  La politique de réforme et d’ouverture a jeté une base de la construction d’un grand pays socialiste moderne tout en changeant la vie sociale chinoise et l’état d’esprit des Chinois. D’énormes quantités d’énergie apportées par cette politique ont entraîné des changements prodigieux dans la société chinoise. Surtout après le XVIIIe Congrès national du PCC, sous la ferme direction du Comité central du PCC rassemblé autour du camarade Xi Jinping, l’approfondissement global de la réforme et de l’ouverture a réalisé des percées importantes : le système d’économie de marché socialiste n’a cessé de s’améliorer ; le régime démocratique et le système judiciaire se sont constamment perfectionnés ; les institutions et les mécanismes dans le domaine culturel se sont améliorés peu à peu ; l’édification institutionnelle en matière de qualité de vie de la population a sans cesse progressé ; le cadre du système de protection de l’environnement écologique a pris forme pour l’essentiel ; la construction d’une communauté de destin pour l’humanité a obtenu des résultats prometteurs. Ces réalisations grandioses font ressortir le fait que le peuple chinois est un peuple laborieux, courageux, ingénieux et créatif et elles attestent la justesse de la voie du socialisme à la chinoise, la rationalité de sa théorie, la supériorité de son régime et le caractère avancé de sa culture. Les chinois, dotés d’une confiance dans la voie, la théorie, le système et la culture du socialisme à la chinoise, ont toutes les raison de croire qu’on pourra remporter la victoire finale de la construction socialiste tout en maintenant la direction exercée par le PCC, en continuant la réforme et l’ouverture sur l’extérieur et en suivant la voie du socialisme à la chinoise.

  La politique de réforme et d’ouvert a frayé une voie du socialisme à la chinoise et a diversifié les moyens de modernisation. Dans l’application de la réforme et de l’ouverture, les communistes chinois, grâce à un esprit de créativité, ont combiné l’économie de marché avec le régime socialiste, promu à partir de la mise en place de l’économie de marché socialiste sur une vaste échelle les réformes dans les domaines politique, social, culturel, militaire et diplomatique, de sorte à se frayer une voie du socialisme parfaitement adaptée à la situation particulière du pays et aux caractéristiques typiquement chinoises. Sur cette voie qui combine le régime fondamental avec l’économie de marché, la réforme de l’infrastructure économique avec celle de la superstructure, le marché intérieur avec les ressources étrangères, on n’a aucun rapport au pillage sanglant ni à la guerre violente qui sont nécessaire dans la modernisation du capitalisme et on ne dépend d’aucune grande puissance occidentale en se gardant rigoureusement de sacrifier la souveraineté de l’Etat et l’indépendance nationale au succès de la modernisation. L’expérience réussie apportée par la réforme et l’ouverture a permis à tous les pays, en particulier les pays en voie de modernisation, d’accorder plus d’attention à la voie de la Chine et à ses perspectives d’avenir. Le succès de la voie du socialisme à la chinoise offre au monde la sagesse et la proposition de la Chine pour résoudre les problèmes auxquels l’humanité fait face, parce qu’elle donne une résolution au problème mondial, à savoir comment réaliser la modernisation dans les pays relativement arriérés, qu’elle détruit le mythe du monisme dans la modernisation prôné pendant longtemps par le monde occidental, qu’elle diversifie pour les pays en développement les moyens de modernisation, et qu’elle offre des choix totalement nouveaux aux pays et nations désireux d’accélérer leur développement en toute indépendance.

  La mise en œuvre de la réforme et de l’ouverture contribue à établir le système théorique typiquement chinois du socialisme et à enrichir la théorie marxiste. L’évolution du temps fait naître les pensées, et la pratique fournit la source à la théorie. Depuis ces quatre décennies, le PCC combine sur le territoire chinois les principes fondamentaux du marxisme avec la pratique concrète de la Chine contemporaine et offre des résolutions innovantes aux problèmes posés par l’évolution de l’époque et le développement du pays. Les communistes chinois a résumé un programme fondamental systématique tout en se lançant dans la pratique, réfléchissant et faisant la synthèse de l’expérience acquise et a développé le système théorique typiquement chinois du socialisme. En tant que partie importante de ce système, la pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère constitue une grande innovation théorique du PCC dans le processus de la réforme et de l’ouverture grâce à laquelle on a réalisé un autre bond, lui permettant de combiner les principes fondamentaux du marxisme avec la pratique concrète de la Chine. La pensée de Xi Jinping couvre une série de théories fondamentales en matière d’objectif général, de tâche générale, de dispositions d’ensemble, de dispositions stratégiques, d’orientations de développement, de moyens de développement, de motivation, d’étapes stratégiques, d’environnement extérieur, de garantie politique, etc. Elle a répondu d’une manière systématique aux questions essentielles de l’époque sur le socialisme à la chinoise, a enrichi et développé la théorie de la connaissance et la méthodologie en matière de réforme, devenant un phare qui guide tout le Parti et tout le peuple dans leurs efforts pour remporter la victoire décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance et réaliser le grand renouveau de la nation chinoise.

   (Auteur : Liu Tongfang, expert en chef de la base de recherche de l’Université de Zhejiang du Centre de recherche provincial du Zhejiang sur le système théorique du socialisme à la chinoise)