L'Ambassadeur LU Shaye :De la lutte contre la pauvreté au redressement rural : vers de nouvelles victoires

Source:http://www.amb-chine.fr/fra/zfzj/t1858625.htm2020-03-04 | Auteur:LU Shaye | Publié le:2021-03-05

Le 25 février 2021, la Conférence nationale de bilan et de récompense sur la lutte contre la pauvreté en Chine s’est tenue en grande pompe. Le Président Xi Jinping a déclaré solennellement que grâce aux efforts conjoints du peuple chinois multiethnique, au moment important de la célébration du 100e anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois, la Chine a remporté la victoire globale dans la bataille décisive contre la pauvreté. Les 98,99 millions d’habitants ruraux vivant autrefois sous le seuil de pauvreté, les 832 districts démunis et les 128 000 villages déshérités sont tous sortis de la pauvreté. En faisant disparaître la pauvreté à l’échelle régionale et en accomplissant la tâche ardue de l’éradication de la pauvreté extrême, la Chine a créé un miracle dans l’histoire humaine de la réduction de la pauvreté.

Au cours des huit dernières années, la Chine a accordé une place prioritaire à la lutte contre la pauvreté dans la gouvernance de l’État et lancé une guerre populaire de grande envergure contre la pauvreté. Des résultats historiques majeurs ont été obtenus : 1,1 million de kilomètres de routes rurales ont été construites ou réhabilitées, 35 000 kilomètres de voies ferrées ont été construites, la fiabilité de l’approvisionnement en électricité des réseaux électriques ruraux dans les régions défavorisées s’est élevée à 99%, tous les villages déshérités desservis par le réseau électrique national ont désormais accès à l’électricité triphasée, plus de 98% des villages déshérités ont été couverts par la fibre optique et la 4G ; des habitations vétustes de 7,9 millions de ménages pauvres, soit 25,68 millions de populations démunies, ont été rénovées, 35 000 zones de relogement fournissant 2,66 millions de logements ont été aménagées, plus de 9,6 millions de personnes ont quitté leurs régions défavorisées par la nature, reculées et arriérées, pour s’installer dans des endroits plus accueillants ; des dizaines de millions d’enfants issus de familles démunies ont désormais un accès plus équitable à l’éducation, 28 groupes ethniques avec une population relativement faible sont sortis de la pauvreté dans leur ensemble. Depuis le lancement de la politique de réforme et d’ouverture en 1978, selon le critère en vigueur en Chine, la Chine a sorti de la pauvreté 770 millions de populations rurales démunies, et selon le seuil de pauvreté mondial fixé par la Banque mondiale, la Chine a contribué à hauteur de plus de 70% à la réduction de la pauvreté dans le monde.

Si la Chine a obtenu de tels succès dans la réduction de la pauvreté, c’est essentiellement parce qu’elle a exploré une voie et une théorie aux caractéristiques chinoises dans la lutte contre la pauvreté. Nous sommes attachés au rôle de direction du Parti communiste chinois. Nous avons renforcé un mécanisme de travail où l’échelon central se charge de la planification d’ensemble, l’échelon provincial assume la responsabilité globale et les échelons municipal et du district œuvrent à la mise en application. Au total, 255 000 équipes de travail, soit plus de trois millions de membres du PCC ont été sélectionnés à travers le pays et envoyés aux postes de premiers secrétaires et cadres dans des villages déshérités, où ils se sont battus en première ligne contre la pauvreté à côté de quelque deux millions de cadres des canton et des bourgs et des millions de cadres villageois. Nous restons fidèles au concept de développement centré sur le peuple et poursuivons inébranlablement la voie de la prospérité commune. Nous veillons à faire valoir l’atout politique du système socialiste permettant de rassembler toutes les forces de l’État pour accomplir les tâches majeures. Nous avons renforcé la coordination entre l’Est et l’Ouest du pays, favorisé le partenariat pluridimensionnel entre provinces, villes et districts, et facilité les flux de talents, capitaux et technologies vers les régions défavorisées. Nous appliquons la stratégie d’assistance ciblée aux démunis. Un système national de fichage et d’identification des populations pauvres a été mis en place, et des mesures ciblées de lutte contre la pauvreté varient selon les conditions réelles des villages, ménages et individus, ainsi que les causes et types de pauvreté. L’approche est passée de l’assistance exogène au renforcement de la dynamique endogène des individus en situation de pauvreté. Nous travaillons à mobiliser l’enthousiasme, l’initiative et la créativité des populations démunies, exalter la force endogène, et associer l’aide contre la pauvreté avec le raffermissement de la volonté à sortir de la pauvreté et la promotion de l’éducation. Nous travaillons à faire rayonner les valeurs de solidarité et d’entraide, à perfectionner le mécanisme de mobilisation sociale, à mettre en place des plateformes de participation sociale et à innover les modes de partenariat social, pour réaliser un écosystème où chacun a la volonté, la possibilité et les moyens d’apporter sa part de contribution. Nous faisons preuve de cohérence et de persévérance, en mettant en œuvre un mécanisme d’évaluation le plus strict, en diligentant des opérations anti-corruption et des opérations s’attaquant aux problèmes du style de travail dans la réduction de la pauvreté, et en créant un système de supervision tous azimuts. Ces expériences et réflexions importantes sont les derniers acquis de la sinisation de la théorie marxiste de lutte contre la pauvreté.

Cependant, un tel bilan de lutte contre la pauvreté fait toujours l’objet de critiques déplacées de quelques « spécialistes de la Chine » occidentaux systématiquement antichinois. Ils prétendent que le seuil de pauvreté en Chine fixé à 470 euros par personne et par an est trop bas. C’est chercher le poil dans l’œuf. Les niveaux de développement économique des pays étant différents, il n’est ni réaliste ni pertinent de mesurer la réduction de la pauvreté d’un pays à l’unique aune du seuil de pauvreté. De plus, la Chine fixe depuis toujours son seuil de pauvreté en se référant aux seuils de pauvreté fixés par la Banque mondiale sur la base de la parité de pouvoir d’achat. En 2010, le gouvernement chinois a fixé le seuil de pauvreté à 2 300 yuans par personne et par an, qui équivalait à 2,3 dollars par personne et par jour en termes de parité de pouvoir d’achat et dépassait le seuil de pauvreté de 1,25 dollars fixé par la Banque mondiale à cette époque-là. Lorsque la Banque mondiale a relevé le seuil de pauvreté à 1,9 dollars par personne et par jour en 2015, le seuil de pauvreté appliqué en Chine était déjà passé à 2 855 yuans par personne et par an, soit 2,19 dollars par jour en termes de parité de pouvoir d’achat, ce qui était toujours supérieur à celui de la Banque mondiale. En plus, au-delà des critères nationaux, une dizaine de provinces et municipalités chinoises ont fixé leurs propres critères encore plus élevés. Par exemple, dans la province du Liaoning, le seuil de pauvreté a été fixé à 4 000 yuans par personne et par an. Ce qui est plus important, c’est que la Chine a avancé, en partant des conditions nationales, des indicateurs d’éradication de la pauvreté aux caractéristiques chinoises dits « le double dispositif et la triple garantie » : l’objectif était que les démunis ruraux pussent, avant 2020, en finir avec les difficultés pour se nourrir et se vêtir et bénéficier de l’enseignement obligatoire, de l’assurance maladie de base et des logements sécuritaires. Il est évident que le niveau de vie selon les seuils internationaux de pauvreté de 1,9, de 3,2 voire de 5,5 dollars par personne et par jour ne peut pas répondre à ces exigences. Ce que la Chine a fait est la véritable élimination de la pauvreté.

En réalité, au cours des huit dernières années, le gouvernement chinois, aux échelons central, provincial, municipal et du district, a débloqué des fonds spéciaux pour la réduction de la pauvreté à hauteur de près de 1 600 milliards de yuans, dont 660,1 milliards de yuans alloués par les finances centrales. Depuis le début de la bataille décisive contre la pauvreté, la péréquation interprovinciale et au sein des provinces de quotas de terres exploitables a généré plus de 440 milliards de yuans de fonds pour la lutte contre la pauvreté ; plus de 710 milliards de yuans de microcrédits, 668,8 milliards de yuans de prêts de refinancement et 9 200 milliards de yuans de prêts dédiés à l’assistance financière ciblée aux démunis ont été débloqués. Dans le cadre du partenariat interprovincial de lutte contre la pauvreté, neuf provinces et municipalités de l’Est ont débloqué des fonds d’aide financière et d’assistance sociale à hauteur de plus de 100,5 milliards de yuans en faveur des régions défavorisées, et des entreprises de l’Est ont investi au total plus de 1 000 milliards de yuans dans les régions défavorisées. De tels investissements « sonnants et trébuchants » apportent bien plus que 2,3 dollars par personne et par jour aux populations.

Un adage chinois dit : « Remporter la victoire n’est pas difficile, préserver les fruits de la victoire l’est. » L’éradication de la pauvreté ne marque pas la fin, mais le point de départ d’une nouvelle perspective et d’une nouvelle lutte. La Chine a déjà fait du redressement rural une tâche majeure pour la réalisation du grand renouveau de la nation chinoise. Comme le Président Xi Jinping l’a souligné, il faut mettre en synergie la consolidation et l’élargissement des acquis de la lutte contre la pauvreté et le redressement rural, afin de rendre les fondements de la sortie de la pauvreté plus solides, et ses acquis plus durables. Il est nécessaire de renforcer le suivi des personnes sujettes à tomber et retomber dans la pauvreté, de cultiver et soutenir à long terme les industries dans les régions sorties de la pauvreté, d’assurer le soutien continu aux personnes relogées dans les régions où la nature est plus accueillante, et de continuer à soutenir les districts sortis de la pauvreté. Dans l’avenir, la Chine accordera une plus grande importance à la promotion de la prospérité commune du peuple tout entier, déploiera des efforts concrets et constants pour résoudre le problème du développement déséquilibré et insuffisant, réduire les écarts de développement entre villes et campagnes et entre différentes régions, assurer que la population éprouve un sentiment de satisfaction, de bonheur et de sécurité plus fort, mieux garanti et plus durable, et remporter sans cesse de nouvelles victoires dans l’édification intégrale d’un pays socialiste moderne.